Lorsque le beau temps fait son arrivée, il n’est pas rare de voir un nombre considérable de plaisanciers sur l’eau. Mais, ce que nous ne voyons pas peut-être encore plus captivant. Chaque jour, dans la région, des dizaines de plongeurs scrutent le fond marin afin de visiter des épaves.

(Photothèque)

Saint-Zotique, Rivière-Beaudette, Salaberry-de-Valleyfield et Saint-Stanistlas-de-Kostka, les endroits pour exercer la plongée sous-marine sont nombreux dans la région. Pour les adeptes, le Mia Perla, le lockhead, le Anne-Marie G et même le charbonnier n’ont plus de réels secrets. Mais, tous tiennent le même discours. Aucune plongée n’est identique. Elles sont toutes différentes, et ce, pour diverses raisons.

Un des sites préférés des plongeurs au Québec se trouve à Saint-Zotique. Baptisé le Parc sous-marin de Saint-Zotique, l’endroit offre un très beau site de plongée composé d’épaves et d’autres artefacts trouvés dans le lac Saint-François. D’une profondeur approximative de 30 pieds d’un courant d’environ 1 nœud, c’est un des endroits fétiches pour les plongeurs débutants et intermédiaires.

L’accès au Parc sous-marin du lac Saint-François se fait uniquement par bateau et des services de charters sont offerts par deux boutiques à proximité. « C’est un des sites les plus plaisants que j’ai eu l’occasion de plonger, affirme Alexandre, un plongeur dont le parcours est de plus ou moins 35 plongées à ce jour. Une fois immergé, c’est un autre monde qui s’offre à nous. Il y a une épave de 50 pieds de long. C’est vraiment impressionnant. C’est le seul endroit que j’ai plongé où il y a une cloche que l’on peut remplir d’air et parler avec un autre plongeur. Également, toutes les épaves sont reliées par un circuit de câbles. Donc, ça permet de se promener sans s’éloigner. »

Fait intéressant, le Parc sous-marin du lac Saint-François fait partie des 10 plus beaux endroits au Québec pour faire de la plongée selon le classement du site internet VIAGO Évasion.

Rivière-Beaudette

À Rivière-Beaudette, un autre site de plongée attire aussi l’attention, mais il est réservé aux plongeurs plus expérimentés. L’Épave du Mia Perla, un gros yacht de 45 pieds a été coulé le 2 août 2008. Dès le lendemain, l’épave était déjà colonisée par plus de 300 poissons.

Les plongeurs qui disposent de cette qualification peuvent pénétrer le Mia Perla et visiter tout l’intérieur. Plusieurs poissons se cachent dans cette épave, bien à l’abri du courant. Deux coques de bateaux se trouvent également à proximité du Mia Perla. Des cordes relient tout ce qu’il y a à voir sur le site. Donc, c’est un peu comme une visite guidée.

Le site est situé à environ 750 mètres au sud du phare de la Pointe Beaudet et une bouée d’amarrage marque l’endroit. Il est fortement conseillé de laisser une vigie à bord de l’embarcation, car le courant aurait tôt fait de vous emmener bien loin du bateau.

Saint-Anicet

De l’autre côté de la rive, les plongeurs ont accès au Parc sous-marin de Saint-Anicet. L’endroit présente trois épaves coulées à une profondeur de 50 pieds. Son attrait principal est le Lockheed L-18 Lodestar, un avion bimoteur datant de 1942, d’une longueur de 68 pieds et d’une envergure d’ailes de 69 pieds. Outre le Lockheed, on peut aussi y retrouver deux énormes péniches motorisées.
Il est possible de visiter chaque épave indépendamment, mais il est aussi possible de faire le parcours en une seule plongée de dérive, ce qui permet d’y voir différents artefacts comme une ancre à jas datant de 1720. En ce qui concerne le Lockheed, la pénétration y est possible pour les plongeurs possédant la certification appropriée.

« En raison de son fort courant de 3 à 4 nœuds, ce site est réservé au plongeur plus expérimenté. Le Lockheed se trouve à une profondeur d’environs 55 pieds, vous pourrez soit plonger directement dessus ou commencer votre plongée en amont du courant, à partir de la péniche #1 et faire une plongée de dérive. Une fois sur le Lockheed, vous pourrez apercevoir ses deux grandes hélices ainsi qu’une urne scellée munie d’une croix, déposée juste devant l’épave ou repose l’ancien propriétaire de l’avion. Il est possible de faire une pénétration à l’intérieur du Lockheed pour les plongeurs détenant la certification requise. Vous retrouverez juste à côté du Lockheed, la péniche #2 qui a sur son pont, un énorme silo avec plusieurs ouvertures sur les côtés. Explorer l’intérieur du silo n’est pas considéré comme une pénétration d’épave », peut-on lire sur les sites internet des différentes boutiques de plongée au Québec.

Historique

Le parc sous-marin du Lac Saint-François est une initiative de quelques plongeurs de la région pour promouvoir la plongée et préserver les trésors trouvés au fond du lac Saint-François. Parmi ceux-ci, l’empilement de billots de bois de chêne centenaires est une histoire intéressante. Au courant des années 80, des plongeurs ont retrouvé des billots de bois de chêne au fond du lac, issus du flottage du bois. Ces billots se sont révélés d’une excellente qualité comme bois d’oeuvre pour la fabrication de meubles très recherchés. Une compagnie a alors commencé la récupération de ces billots dans le but de les revendre à fort prix. Afin de sauver les derniers billots de bois, des plongeurs de la région ont décidé de les préserver en les déplaçant dans un parc sous-marin qui serait protégé de l’exploitation commerciale. La vingtaine de billots qui sont désormais empilés à cet endroit et constituent les derniers de plusieurs centaines qui jonchaient le fond du lac auparavant.

Salaberry-de-Valleyfield

Reconnue comme étant le circuit des Régates de Valleyfield, la baie Saint-François abrite la seule épave historique propre à la région du Suroît, le Charbonnier. Coulée au milieu de la baie du lac Saint-François il y a près de 70 ans, cette énorme barge servait au transport du charbon pour l’usine de coton situé juste en face de la baie. Aujourd’hui, il est très utilisé pour la certification de plongeur ou pour des sorties en apnée. En hiver, plusieurs plongeurs s’y retrouvent pour explorer le charbonnier sous la glace. D’ailleurs, l’endroit ce site est utilisé comme base pour la plongée sous glace.

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

Laisser un commentaire