Alors que les municipalités sont dans une course contre la montre afin de proposer des modifications à la cartographie présentée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, plusieurs municipalités doivent aussi faire face à d’importantes pertes financières.

En effet, le décret sur les zones d’intervention spéciale proposée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation est accompagné d’une cartographie erronée qui classifie plusieurs endroits comme étant inondable bien que ceux-ci n’aient jamais été victimes d’inondations. Rappelons que les gens et les municipalités ont jusqu’au 19 août afin de proposer des modifications à la présente cartographie.

Bien que cela soit un souci qui mobilise la région, une autre réalité est aussi à considérer : les pertes financières reliées au décret et aux inondations.

Le décret prévoit que les résidences inondées en 2017 et 2019 n’obtiendront plus de permis de modification ou reconstruction et celles qui ont été endommagées à plus de 50 % n’obtiendront pas l’aide nécessaire à la reconstruction. Les résidents recevront plutôt une compensation de 200 000 $ pour la résidence et 50 000 $ pour le terrain et ce peu importe la valeur réelle de la résidence. Les terrains seront ensuite revendus aux municipalités qui les achèteront symboliquement pour 1 $.

Cela peut sembler banal, mais les pertes de revenus pour les municipalités qui percevaient les taxes seront tout aussi importantes.

« Il est difficile pour nous de prévoir les pertes puisque nous sommes encore dans le processus d’évaluation de la situation, affirme Chantal Lemieux, directrice générale et trésorière. Nous travaillons fort sur plusieurs fronts afin de régler la cartographie et essayer de déterminer ce que nous ferons pour valoriser les terrains que nous devrons racheter. Ce que je peux vous dire c’est que pour les cas de 2017, nous avons dû racheter 40 terrains. Ces 40 résidents payaient environ 2500 $ de taxes par année et donc il s’agit d’une perte d’environ 100 000 $ par année pour la municipalité. »

La ville de Rigaud était déjà en processus d’évaluation afin de déterminer la vocation des terrains rachetés en 2017, plusieurs hypothèses sont possibles, mais pour l’instant rien n’est encore déterminé. Quant aux pertes financières, la ville de Rigaud, comme les autres municipalités touchées par cette situation, fait des démarches auprès du gouvernement afin d’obtenir des compensations, mais leurs démarches restent encore sans réponse.

Nicola Di Narzo

Nicola Di Narzo

Journaliste

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