Ancien membre des témoins de Jéhovah, Daniel Malboeuf, a contacté La Voix régionale afin de partager son expérience au sein de l’organisation. Le résident de Rockburn qui célébrera sous peu ses 60 ans souffre d’un cancer du cerveau. Selon lui, il est de son devoir de livrer son témoignage, puisque contrairement aux autres membres, il n’a plus rien à perdre.

Les Témoins de Jéhovah ont toujours fait partie de la vie de Daniel Malboeuf. Enfant, ses parents étaient membres de l’association. Peu après son quinzième anniversaire, Monsieur Malboeuf s’est rebellé contre toute forme de religion. Il s’est donc exilé en Floride, où il a fait quelques années plus tard, la connaissance de celle qui deviendra son épouse. Un an après la naissance de leur fils, le couple est rentré au pays. C’est alors, que l’épouse de Monsieur Malboeuf a fait la connaissance d’une jeune sœur, qui effectuait du porte-à-porte. Parallèlement, l’homme a revu d’anciennes connaissances. Peu de temps après, le couple a commencé à fréquenter la Salle du Royaume Valleyfield.

 

Daniel Malboeuf dénonce l’abus de pouvoir relatif aux dirigeants de l’organisation, qu’il qualifie d’organisation sectaire. Il dénonce également la hiérarchie de la Salle du royaume, située à Rockburn. « Le président de la congrégation n’a pas de bonnes intentions. Il faut comprendre que ces gens-là détiennent un grand pouvoir sur les membres. S’ils sont malintentionnés, ils peuvent les manipuler à leur guise. Certains anciens profitent des autres. C’est facile pour eux de rentrer dans la tête du monde. Comprenez-moi bien, je ne veux pas que les gens détestent les Témoins de Jéhovah, il y a beaucoup de bonnes personnes qui en font partie, mais il y en a plusieurs qui ont le cerveau lavé, ils sont menés par des manipulateurs. Lorsqu’on ne dit plus comme eux, ils nous isolent, ils empêchent les autres membres de nous parler ».

 

Cas de pédophilie

Selon Monsieur Malboeuf, l’organisation ne protège pas les enfants des présumés agresseurs sexuels. « Ici à Rockburn, il y a eu un cas de pédophilie. Un gars d’environ 17-18 ans a agressé l’enfant d’un couple que je connais. Pourtant, nous avions demandé aux anciens s’il y avait des pédophiles dans notre congrégation, parce que normalement, ils doivent nous le dire. Un ancien m’a répondu que non. Finalement, en discutant avec une amie, j’ai appris que son garçon avait été agressé par le jeune en question. Il a fini par quitter Rockburn et il a rejoint une autre congrégation. Par la suite, une amie de Valleyfield a téléphoné à la maison et fil de la discussion, elle a mentionné qu’un ancien membre de notre congrégation était désormais membre de la sienne. Elle a rajouté, qu’il travaillait pour son frère. Elle a souligné que le jeune homme n’est pas un bon travailleur, mais qu’il était bon avec les enfants. Elle a dit qu’il était vraiment gentil avec les enfants. Aussitôt, m’a femme l’a informée, qu’il avait été accusé d’agression sexuelle. La conversation a été rapportée aux anciens de Rockurn. Un d’entre eux est venu me rencontrer pour me donner un blâme, parce que ma femme avait informé l’autre femme. Je lui ai répondu que le blâme revenait au jeune homme, que c’est lui qui avait abusé d’un enfant. Il était rendu dans une autre congrégation et tournait autour d’une autre famille avec des enfants. Qu’est-ce qui aurait fini par se passer si personne ne les avait avisés? C’est vrai ,que les anciens avaient dénoncé les gestes du jeune homme à la police, qu’ils avaient légalement fait ce qu’ils devaient faire, mais vu que le jeune est le fils d’un ancien, ses gestes devaient être cachés aux autres membres», confie Monsieur Malboeuf.

 

« Ce que je veux dénoncer, c’est l’injustice et le contrôle qu’il y a au sein de l’organisation. Surtout, ici dans la congrégation de Rockburn. C’est malsain. Ils séparent des familles, empêchent les membres d’entretenir des liens avec les exclus et ça n’en prend pas beaucoup pour être exclu. Il suffit de se rebeller un peu ou de leur signifier que leurs agissements vont à l’encontre de ce qu’il écrit dans la bible. C’est des profiteurs et des menteurs, qui contrôlent le monde. C’est vrai que nous ne sommes pas obligés de donner de l’argent. Ils en demandent sans arrêt, mais c’est notre droit de ne rien donner. Ce qu’il faut dire par exemple, c’est que si nous ne donnons rien, nous sommes considérés en conséquence. Plus nous donnons et mieux nous sommes traités. C’est comme pour le don de sang. C’est vrai que nous sommes libres d’en accepter ou non. Mais, dès qu’un membre est hospitalisé, ils débarquent 3-4 à l’hôpital pour s’assurer que nous avons en notre possession notre carte de refus de sang signée. Si nous ne l’avons pas, ils s’assurent de venir nous en porter une très rapidement. C’est certain que nous pouvons à tout moment choisir de recevoir du sang, mais cela signifie une exclusion automatique », dénonce Daniel Malboeuf.

 

L’homme affirme être plus lucide que jamais, « je vois enfin clair et c’est pour ça que je voudrais dire à mes anciens frères et sœurs -réveillez-vous »!

 

NDLR. À la suite de l’entrevue réalisée avec M. Malboeuf, deux personnes ont contacté le Journal en demandant à ce que l’article ne soit pas publié. Les dames, dont une se dit proche d’un avocat, laissent présager que M. Malboeuf ne serait plus conscient de ce qu’il dit et qu’il n’avait pas signé de document autorisant une publication.

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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