Moins de trois semaines après avoir tenu une consultation publique au Château Vaudreuil en lien avec la future carte concernant les zones inondables, le gouvernement Legault a décrété le vendredi 12 juillet, la nouvelle carte.

Ainsi, 783 municipalités au Québec se voient désormais inscrites sur la carte. Le décret a été présenté via conférence téléphonique aux différents élus le lundi 15 juillet à 10 h. La nouvelle carte a été réalisée, notamment, grâce à des photos aériennes et d’images satellitaires.

Québec assure d’avoir agi rapidement dans une optique de gestion rigoureuse des zones inondables. La nouvelle cartographie est d’ailleurs déjà accessible, mais des modifications y seront apportées dans les prochaines semaines.

En plus de faire connaître les modifications, le ministère de l’Urbanisme, à l’Aménagement du territoire et à l’Habitation a précisé que les bâtiments touchés par une inondation et ayant perdu plus de la moitié de leur valeur ne pourront être reconstruits. Également, pour ce qui a trait aux évaluations des bâtiments inondés, la méthode d’évaluation a été simplifiée. Les bâtiments présentant l’une des caractéristiques suivantes doivent faire l’objet d’une évaluation de dommages. L’eau a atteint le rez-de-chaussée, les fondations doivent être remplacées ou des travaux de stabilisation doivent être effectués.
Les bâtiments ne présentant aucune de ces caractéristiques sont réputés ne pas avoir perdu plus de la moitié de leur valeur.

Perte importante pour les municipalités

Lorsqu’un propriétaire ne pourra effectuer de travaux de reconstruction, il sera compensé par le gouvernement et sa propriété sera vendue symboliquement pour le prix de 1 $ à la municipalité. Si cela peut sembler anodin, cette façon de faire causera une perte financière importante aux municipalités.

Comme l’explique le préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Rivière-Beaudette, Patrick Bousez, les municipalités touchées ne percevront plus de taxes des terrains qui deviendront vacants. « En 2017, la Ville de Rigaud a été dans l’obligation de démolir 50 résidences. Là, à la suite des dernières inondations, c’est près de 40 maisons qui seront démolies. C’est un manque à gagner important. La perte fiscale pour les municipalités risque d’être importante. »

Initialement, 813 municipalités au Québec devaient être inscrites sur la nouvelle carte. Toutefois, comme l’indique Daniel A. Gaudreau, sous-ministre à l’urbanisme, à l’aménagement du territoire et à l’habitation, fait savoir que le ministère a reçu plus de 3200 courriels provenant de citoyens et de municipalités afin de faire modifier la carte.

Des modifications nécessaires

La nouvelle carte est désormais accessible que déjà, des modifications seront nécessaires. La députée de Soulanges, Marilyn Picard, souligne que certaines zones qui figurent sur la carte comme étant des zones inondables doivent être retirées. « Toutes les résidences qui sont situées sur le bord du fleuve Saint-Laurent seront retirées sous peu, indique Mme Picard, tout en ajoutant que la modification devrait se faire avant le 19 août prochain. Le niveau du fleuve ne monte jamais plus de six pouces au printemps. Avant que le Saint-Laurent déborde, toute l’île de Montréal sera submergée. »

Toujours selon Marilyn Picard, la proactivité de la MRC de Vaudreuil-Soulanges pourrait faire avancer rapidement les modifications. « La MRC dispose d’équipements que nous ne possédons pas, mentionne Mme Picard. Par conséquent, il y a possibilité d’utiliser leurs données. Je veux soumettre les modifications requises assez rapidement. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

Un commentaire

  • Avatar C fournier dit :

    Il faut VRAIMENT régler cette situation de manière adéquate. Plusieurs propriétés, n’ayant jamais été touchées pas les innondations sont maintenant considérées dans les ZIS.
    J’ignore si vous faites partie des ZIS, mais imaginer que vous achetiez votre maison, dans une zone non à risque, assurable et que subitement, à cause d’une image sur Google maps, votre maison ne vaut plus rien… et ce, malgré les preuves fournies démontrant la typographie de votre terrain et du 0-20, lors de la FAMEUSE rencontre du 4 juillet. C’est une injustice grave.
    C’est comme si on vous considère à risque parce qu’il y a des feux de forêts dévastateurs depuis 2 ans au Québec et que le gouvernement décide que pour régler le problème, il considère que toutes les maisons étant à 500 m d’une forêt ne valent plus rien.
    J’espère que la CAQ s’assurera SÉRIEUSEMENT de faire les vérifications nécessaire, sur le terrain, de ses zones mauves.

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