L’hiver se fait difficile cette année et les conséquences des précipitations et des changements de températures nuisent grandement à nos routes recouvertes de glace. Notre hiver est-il plus rigoureux que les années précédentes? Les précipitations sont-elles plus abondantes? Un météorologue répond à nos questions. 

Les mois de janvier et de février 2019 ont certainement exaspéré plus d’une personne avec des chutes de neige au-dessus des normales saisonnières. Il s’agit de 20 cm de plus que la normale pour janvier et février.

« Disons que la normale saisonnière pour les précipitations de neige est d’environ 210 cm pour une saison complète, affirme Simon Legault, météorologue à Environnement Canada. Cette année, nous pouvons observer un total de 195 cm et nous sommes seulement au mois de février. Si nous observons les tendances habituelles, il serait juste d’attendre environ 36 cm au mois de mars et 13 cm au mois d’avril. C’est difficile de prévoir, mais nous pouvons penser que nous allons dépasser de quelque peu les moyennes saisonnières. »

Des problèmes de températures qui engendrent la glace

Cette année, les météorologues observent des grandes variations de température beaucoup plus fréquentes qu’à l’habitude. Ce sont de nombreux phénomènes météorologiques qui se succèdent rapidement. Les redoux saisonniers habituels ne sont pas de la partie et ces derniers étaient derrière la fonte de la neige et de la glace. Les chutes drastiques de températures de cette année nuisent donc énormément aux conditions routières. 

Pour les prochaines semaines, tout semble calme. Un froid intense, mais plus calme au niveau des précipitations.

Des changements climatiques

Quant à notre hiver, il semble difficile de faire des liens précis entre les conditions actuelles et les changements climatiques. Notre climat canadien est beaucoup trop variable pour permettre de faire des déductions si facilement.

« Nous sommes dans une période de changement climatique planétaire, cependant nous ne pouvons pas associer le phénomène planétaire avec notre hiver aussi directement et facilement. Il faudra voir avec le temps, sur plusieurs décennies pour être capables d’évaluer les changements climatiques et leurs effets concrets sur notre climat. C’est certain que nous avons beaucoup plus de pluie qu’à l’habitude. C’est cohérent avec les changements climatiques, mais difficile d’en dire plus », ajoute Simon Legault.

Les changements climatiques se vérifient davantage au niveau planétaire avec une augmentation (pas constante) de la température. Il s’agit d’un réchauffement indéniable selon les spécialistes.

« Il y a des fluctuations, mais la tendance est à l’augmentation générale de la température. Les conséquences sont nombreuses et la fonte de la calotte glaciaire en est un exemple évident. Cependant, les changements climatiques vont avoir une influence à longue échéance. Il nous est impossible de prévoir quelle région aura telle ou telle conséquence du changement climatique, mais des conséquences se feront ressentir sans aucun doute », continue le météorologue.

Ce qui préoccupe les météorologues et environnementalistes de notre époque est la rapidité avec laquelle se réalise le réchauffement planétaire. Les activités humaines et industrielles génèrent davantage de gaz à effet de serre qui augmente les niveaux de CO2 de façon drastique et rapide. Comme conclut Simon Legault, « il s’agit d’un changement rapide, jamais observé dans le passé. »

Nicola Di Narzo

Nicola Di Narzo

Journaliste

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