Discuter avec Maryse Filion est un privilège. Sereine, douce et surtout à l’écoute des autres, elle est la définition même d’une grande dame.

Le dimanche 28 février, Maryse Filion est retournée pour une première fois après 6 ans et 6 mois, à la halte routière de Rivière-Beaudette. Mme Filion s’est faite philosophe pour expliquer son retour sur place. « Mon cœur était soumis, mais mon âme existait et n’était pas résignée. » (Photo Steve Sauvé)

Les dernières années n’ont pas toujours apporté du positif dans la vie de Maryse Filion. Cependant, sa résilience a fait en sorte qu’elle a été capable de transformer une tragédie en un événement positif. Elle assure que désormais, elle est libre.
En août 2014, Maryse Filion est passée bien près de la mort. En fait, elle a vécu une expérience de mort imminente lors d’un événement qui l’a transformée à tout jamais. Poignardée à cinq reprises par son ex-conjoint alors qu’elle était à la halte routière de Rivière-Beaudette, Mme Filion a refusé de se laisser abattre.

« J’ai accepté de façon inconditionnelle ce qui m’est arrivé, car c’est par là que je peux en guérir, confie la dame de 53 ans. L’acceptation passe par l’expression de mes émotions. Désormais, je vois l’événement comme le cadeau qui m’a permis de me développer. Je me suis ouverte à la spiritualité et j’ai développé un esprit critique. »

Du positif

Mme Filion assure qu’elle s’entoure de positif. Cela l’a aidé à cheminer. « À une certaine époque, j’accrochais des pensées positives chez moi. L’une d’elles disait : Ça prend une grande force pour attendre sans impatience, que tout murisse. J’en suis sortie grandie. »

Inévitablement, Mme Filion a gardé des séquelles physiques et psychologiques de son agression. « J’ai eu l’ablation de la rate, mon genou a été reconstruit, j’ai aussi eu une microfissure de la mâchoire, une sternotomie afin de vérifier que chacun des organes n’ait été touché par le couteau, et ce, sans parler des troubles psychologiques. Les médecins qualifiaient de miracle ma survie. Cependant, j’ai refusé de me laisser abattre. J’ai réussi à transformer cela en positif. Pendant 2 ans, j’ai eu 6 rendez-vous médicaux par semaine. Que ce soit en physiothérapie, chez le psychologue, en médecine alternative ou encore avec des spécialistes, c’était aussi demandant qu’un travail à temps plein. Tout cela sans oublier mes rencontres avec le milieu judiciaire. »

Détresse psychologique

En raison de la pandémie, un des sujets de l’heure dans les médias est la détresse psychologique. Cela suscite des réactions chez Maryse Filion. Or, il ne faut pas croire que cela lui fasse rejaillir des souvenirs difficiles. C’est son envie d’aider qui prend alors une grande place.

« Lorsque j’entends que les agressions dans les maisons augmentent en raison du confinement, je me demande ce que je peux faire pour aider. Moi, je crois en la thérapie trans générationnelle. Un homme ou une femme en détresse, ça reste un humain qui a une blessure quelque part. »

Livre

Déjà que la guérison et le cheminement spirituel de Mme Filion sont des réalisations significatives, son parcours ne s’arrête pas là. En collaboration avec le docteur Ghislain Devroede, professeur titulaire au département de chirurgie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’université de Sherbrooke, elle est à l’écriture d’un livre qui s’intitulera Je sais ce que l’amour n’est pas.
« Le livre parlera effectivement de mon histoire, mais de bien d’autres choses, souligne Mme Filion. Je suis en discussion avec des maisons éditions. Je ne peux pas trop dévoiler de détails, mais ça abordera un côté positif de la vie, car qui ne vit pas de traumatisme dans sa vie ? »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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