Mesdames, que de chemin parcouru ces dernières décennies! Il y a à peine cinquante ans, les textes de ce journal auraient été exclusivement signés par des hommes. S’il avait été nécessaire de solliciter la plume d’une femme, le montant relié à son travail aurait été confié à son père ou son époux et cette dernière aurait été obligée de signer un nom masculin afin de dissimuler son identité.

C’est pendant la Seconde Guerre mondiale que le rôle des femmes dans la société canadienne a amorcé son changement. En effet, le Canada ayant besoin de leur soutien et leur contribution, ces dernières ont été en mesure d’ajouter d’autres cordes à leur arc en étant nécessaires à l’extérieur de leur foyer. Ainsi, elles ont aussi exercé des fonctions traditionnellement occupées par des hommes et ont même servi dans les Forces armées. De ce fait, les Canadiennes ont relevé le défi en contribuant au succès de la campagne de la Victoire du Canada.

 

Au début de la Seconde Guerre, sur 11 millions d’habitants, seulement 600 000 femmes canadiennes occupaient des emplois permanents. Notons que ce chiffre a doublé, passant à 1 200 000 pendant la guerre. De plus, le niveau d’emploi a atteint son maximum en 1943-1944 considérant que 439 000 femmes étaient actives dans le secteur des services, 373 000 dans l’industrie manufacturière et 4 000, dans la construction.

 

 

Les femmes et les enfants sous tutelle

Jusqu’à tout récemment, les femmes étaient considérées au même titre que les enfants. Elles étaient sous la responsabilité de leur père, puis de leur époux. À cet effet, dès qu’elles étaient mariées, elles empruntaient le nom de famille de leur mari. Soulignons qu’elles ne passaient pas simplement de Mademoiselle Lefort à Madame Dubois, elles devenaient, par exemple, Madame Bernard Dubois. De ce fait, elles perdaient une partie de leur propre identité.

 

Cependant, l’histoire démontre également que bien que publiquement et techniquement, les hommes étaient ceux qui décidaient, dans plusieurs cas, leur femme jouait un rôle majeur dans la prise de décisions.

 

L’histoire de Marie-Anne Barbel

La fibre entrepreneuriale n’est pas propre qu’aux hommes et encore une fois, l’histoire le démontre. Des historiens ont prouvé que la première femme d’affaires québécoise remonte à l’époque de la Nouvelle-France. Jean-Louis Fornel, époux de Marie-Anne était le propriétaire de plusieurs maisons dans la Ville de Québec et ses environs. Ce dernier était également impliqué dans le commerce des fourrures. Il s’absentait souvent pour de longues périodes. Pendant ce temps, c’est son épouse qui gérait ses affaires. À la suite du décès de Jean-Louis Fornel, sa veuve prit alors le contrôle des affaires et elle a réussi avec brio à faire prospérer l’entreprise et surtout à réussir là où son époux avait échoué.

 

Saviez-vous que…

À l’époque de la Nouvelle-France, une femme reconnue coupable d’adultère était enfermée pour une période de deux ans dans un couvent ou dans un hôpital. Le choix du lieu revenant au mari trompé. Pendant cette période de détention, son époux pouvait la visiter, s’il le désirait. Lorsque la peine tirait à sa fin, ce dernier pouvait choisir de la reprendre ou non. S’il refusait, cette dernière demeurait donc détenue jusqu’à la fin de ses jours. On lui rasait alors la tête et elle perdait tous ses droits relatifs au mariage.

 

En 1868, la promulgation de la loi interdisant l’avortement stipulait qu’une femme qui procède à un avortement en se référant à un avorteur est passible d’emprisonnement à perpétuité. De plus, les femmes qui provoquaient volontairement leur avortement risquaient une peine de 7 ans de prison.

 

Les droits des femmes

La Seconde guerre mondiale a changé l’histoire pour de nombreuses raisons dont le rôle des femmes dans la société. C’est à la même époque, soit en 1940 que les femmes québécoises, sous le gouvernement Godbout, obtiennent le droit de vote et le droit d’éligibilité au provincial. Également, pour la première fois, des femmes siègent au conseil municipal de la Ville de Montréal.

 

En 1945, les femmes de la province grâce à la compagne instaurée par Thérèse Casgrain, obtiennent que les allocations familiales ne soient pas versées aux pères, mais bien directement aux mères.

 

Chose certaine, au cours du siècle dernier, les femmes sont parvenues à obtenir des avancements majeurs, mais ce fut de longue haleine. Une petite victoire à la fois, nos ancêtres ont défriché le chemin afin que les femmes puissent aujourd’hui vivre en étant égales aux hommes. Certes, il reste du chemin à faire, mais l’histoire démontre que notre réalité actuelle n’a rien à voir avec celle de nos aïeules.

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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