Non, elles n’aiment pas cela | VIVA MÉDIA Skip to main content

NDLR

Ce texte est dédié à Elisapee Angma, 44 ans, assassinée le 5 février 2021, Marly Edouard, 32 ans, assassinée le 21 février 2021, Nancy Roy, 44 ans, assassinée le 23 février 2021, Sylvie Bisson, 60 ans et Myriam Dallaire, 28 ans, assassinées le 1er mars 2021, Carolyne Labonté, 40 ans, assassinée le 18 mars 2021, Nadège Jolicœur, 40 ans, assassinée le 19 mars 2021, Rebekah Harry, 29 ans, assassinée le 23 mars 2021, Kataluk Paningayak, 43 ans, assassinée le 25 mars 2021, Dyann Serafica-Donaire, 38 ans, assassinée le 16 avril 2021, Zoleikha Bakhtiar, 36 ans, assassinée le 17 mai,  Lisette Corbeil, assassinée le 9 juin et Nathalie Piché, 55 ans, assassinée le mardi 16 juin.

Avec la pandémie, différentes rumeurs ont vu le jour. Certains ont rapporté que les cas de violence conjugale avaient bondi de façon considérable. Bien que cette affirmation soit fausse, la réalité démontre que les gens qui en sont victimes ont malheureusement plus souffert avant de demander de l’aide. Parfois, l’irréparable a aussi été commis.

Idées suicidaires, problèmes de dépendance, très faible estime de soi, le portrait des femmes ayant subi de la violence conjugale depuis mars 2020 est sombre, très sombre même. Pour dire vrai, il est inquiétant.

« Nous avons eu un peu plus de demandes d’hébergements, mais elles n’ont pas explosé, confirme Marie-Claude Gareau, directrice générale de l’Accueil pour elle. Il faut comprendre qu’il est difficile pour une victime de quitter son conjoint lorsqu’elle est confinée avec lui. Ce que nous entendons présentement c’est que la violence conjugale est exacerbée. »

 

Les demandes pour obtenir de l’aide à l’externe ont aussi connu une hausse. « Ça répond à un besoin des femmes, dit Mme Gareau. De pouvoir offrir ce service a été bénéfique. Elles ont eu la possibilité de discuter par téléphone ou en présentiel avec une intervenante afin de parler et de valider certains points. Les intervenantes ont donc travaillé en amont. Plusieurs femmes se sont par la suite rendues à notre ressource. Le service à l’externe est parfois un tremplin vers un hébergement. »

Féminicide

Lors des six derniers mois, 12 féminicides sont survenus au Québec. La prévention pourrait s’avérer la solution selon Mme Gareau. « La population doit se sentir concernée. Quand on sait qu’une personne vit de la violence conjugale, il faut l’appuyer. Il y a des services de disponibles, mais il y a encore des gens qui ne savent pas que de l’hébergement est disponible. Également, il faut responsabiliser les conjoints violents et que les conséquences soient là. »

Pourquoi la victime reste

Elle aime cela, elle reste là, cette phrase ne devrait même pas exister lorsqu’il est question de violence conjugale. La directrice générale de l’Accueil pour elle mentionne qu’il faut comprendre les cycles de la violence.

« La victime ne vit pas uniquement que des périodes d’explosion et de tension avec son conjoint. Il y a aussi des périodes de lune de miel. Ça veut donc dire qu’il n’y a pas que de mauvais moments. Souvent, les femmes vont se dire qu’elles ne veulent pas partir, car elles souhaitent comprendre. Il y a aussi toute la question du pouvoir que le conjoint exerce sur la conjointe. Régulièrement, le conjoint va dire à sa victime qu’elle ne sera pas capable de vivre sans lui. Qu’il va contacter la Direction de la protection de la jeunesse pour qu’elle ne puisse plus voir ses enfants. Il y a différents facteurs qui expliquent le fait que les femmes vont rester. Ce n’est vraiment pas parce qu’elles aiment cela. Ça peut même être une femme qui se fait tellement écraser comme personne qu’elle ne croit plus en elle. »

Steve Sauvé

Journaliste

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