Des patients mis à risque par des sous-traitants qui brillent par leur absence | VIVA MÉDIA Skip to main content

Afin de montrer leur mécontentement envers la Loi limitant le recours aux services d’une agence de placement de personnel et à de la main-d’œuvre indépendante dans le secteur de la santé et des services sociaux, des travailleurs en soins de santé provenant d’agences de placement ont procédé à un boycottage les 3 et 4 mars. Selon Mélanie Gignac, présidente de la FIQ-SPSMO, ces travailleurs ont mis à risque la vie de plusieurs patients.

N’ayant aucun attache envers le Centre intégré de Santé et de Services sociaux de la Montérégie-Ouest, les travailleurs provenant des agences de placement ont brillé par leur absence. (Photothèque)

Deux infirmières en sous-traitance et une inhalothérapeute composaient l’équipe en poste à l’unité des soins intensifs à l’hôpital du Suroît le lundi 4 mars sur le quart de nuit. « Je ne sais même pas si ces infirmières avaient de l’expérience dans une unité de soins intensifs, martèle Mme Gignac. C’est inacceptable. Lorsque la nouvelle convention sera signée, les inhalothérapeutes seront changés de catégorie. Que fera l’employeur. »

Temps supplémentaire obligatoire

Afin de pallier le manque de main-d’œuvre le dimanche 3 mars, plusieurs professionnels en soin ont été dans l’obligation d’effectuer du temps supplémentaire. Or, après 16 heures en poste, les travailleurs ont quitté. « C’est le chaos. Il y a des gestionnaires qui ont été appelés, même la chef des urgences a travaillé sur le plancher. Le dimanche 3 mars à 23h45, il y avait près de 70 patients à l’urgence alors que le permis est de 32 civières. »

Congédié du CISSSMO mais de retour avec une agence

Pour donner une idée claire de la situation, il y a des infirmières qui se sont fait congédier par le Centre intégré de Santé et de Services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO), dont une pour vol de narcotiques, et qui se font embaucher par des agences. « Elles reviennent dans le système, mais en sous-traitance. Les agences prétendent qu’elles enquêtent avant de faire une embauche, mais j’en doute. »

Évidemment, le manque de personnel a grandement affecté les opérations. Que ce soit à l’Hôpital Anna-Laberge à Châteauguay ou à l’Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield, les patients hospitalisés et ceux en attente à l’urgence ne l’ont pas eu facile.

Position de l’ordre

L’Ordre des infirmières du Québec a été contacté par la présidente de la FIQ-SPSMO afin de l’aviser. « L’ordre m’a confirmé qu’elle ne s’occupait pas de cela. Que cela n’est pas de son ressort. »

Puisque le domaine de la santé est un service essentiel, le Tribunal administratif du travail peut entrer en ligne de compte. Mais, pas lorsqu’il est question de travailleurs qui proviennent d’agences de placement. « C’est du gros n’importe quoi. Avec les offres actuelles du gouvernement et son entêtement à la flexibilité, on perd des gens continuellement. Le gouvernement devrait commencer à écouter les gens qui travaillent réellement sur le plancher. En ce moment, le système de la santé traite des humains, mais de façon inhumaine. Les gens préfèrent démissionner plutôt que de continuer dans ces conditions. Le système de la santé est actuellement maintenu en raison de ses travailleurs conciliants. »

VIVA MÉDIA a obtenu une copie d’un courriel provenant de l’agence de placement 24/7. Dans celle-ci il est indiqué que des ressources d’agences de placement semblent se concerter de façon informelle sur les réseaux sociaux afin de mettre en place des moyens de pression contre les changements qui seront imposés par le prochain contrat d’appel d’offres. « En effet, 24/7 a appris que celles-ci prévoyaient un arrêt de travail général les 4 et 5 mars 2024. Il est important de savoir que l’initiative ne vient pas de 24/7, mais bien d’employés d’agence. Nous comprenons parfaitement que plusieurs ne soient pas d’accord avec les changements que le nouveau contrat d’appel d’offres propose, car nous ne le sommes pas non plus. Cependant, s’il y avait une grève, ce seraient les agences qui en paieraient le prix. Et pourtant, ces changements ne viennent pas des agences : ils proviennent du gouvernement », peut-on lire dans la missive.

Steve Sauvé

Journaliste

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