Un projet est la concrétisation d’une idée. Lorsque des citoyens désirent soumettre la leur et que leur échevin saute à pieds joints dans le projet, cela donne des résultats qui parfois rayonnent au-delà du quartier ciblé. C’est notamment le cas pour les résidents du secteur de La Baie, à Salaberry-de-Valleyfield. En effet, grâce à l’implication de plusieurs parties, les jeunes Campivallensiens peuvent désormais fendre le vent sur leur planche à roulettes au mini skatepark du parc Roger-Levert.

À toute heure du jour ou du soir, il est possible de voir des jeunes s’amuser, sourire aux lèvres, filant sur leur planche à roulettes. Lors de notre passage, une dizaine de jeunes attendent patiemment que vienne leur tour afin de descendre sur la pente asphaltée.

Intimidée par l’agilité des garçons autour d’elle, une petite fille les observe, incertaine de vouloir tenter sa chance. Elle prend place à quelques reprises au sommet de la pente et change aussitôt d’idée. Les jeunes attendent patiemment, ils ne soupirent pas, ne se moquent pas. Ils comprennent. Hier encore, ils étaient à sa place.

 

Puis, la fillette prend son courage à deux mains et se lance. Un jeune garçon âgé d’une dizaine d’années lui souffle un « bravo », bien senti. La mère est émue. Quel bel esprit d’entraide! La petite fille se tient droite sur sa planche, le sourire aux lèvres et le cœur bombé d’une fierté évidente.

Dessiné et conçu par les jeunes

L’inauguration du nouvel espace, situé à l’intersection des rues Boyer et Besner, s’est déroulée le 28 juin dernier. Le maire Miguel Lemieux a remis les ciseaux à un jeune garçon qui, entouré d’amis, a procédé à la traditionnelle coupe du ruban rouge. Pour eux, ce moment représentait la concrétisation d’un projet né plusieurs mois auparavant. Lorsque Guillaume Massicotte a été approché par M. Dominic Leduc afin de discuter d’un besoin, soit la création d’un skatepark dédié à l’usage des jeunes enfants, le conseiller a aussitôt décidé que ce projet devait se faire en collaboration avec les jeunes. D’ailleurs, en plus de participer au comité consultatif, ces derniers ont dessiné et conçu l’endroit. C’est en se basant sur leurs préférences et en considérant leur avis que le plan a pris forme. Voilà, pourquoi l’honneur de couper le ruban rouge leur revenait.

 

 

Le conseiller Guillaume Massicotte n’a pas hésité à prendre l’entièreté de ce qu’il restait de son budget de quartier pour la réalisation du projet. « Lorsque je me suis présenté comme conseiller, mon désir était de travailler pour les citoyens, en collaboration avec eux. Ce projet est l’exemple parfait ». M. Massicotte précise que le coût du mini skatepark s’élève à 80 000 $ et qu’il n’y a eu aucun dépassement de coûts.

 

Surveillance de quartier

Questionné à savoir s’il était inquiet que l’endroit soit ciblé par des adolescents plus âgés qui pourraient se réunir au détriment des plus jeunes, le conseiller répond que l’endroit est peu attrayant pour eux. En effet, les structures ont été conçues pour être utilisées par de jeunes enfants. De plus, il est fréquent de retrouver des parents sur place. Lors de nos passages sur le site, le journal a constaté que certains voisins gardent un œil sur l’endroit, veillant ainsi sur les enfants.

 

Le mini skatepark du parc Roger-Levert n’est pas seulement un endroit où les plus jeunes peuvent apprendre à pratiquer la planche à roulettes. C’est l’exemple même que ce n’est pas parce que nous sommes petits que nous ne pouvons pas réaliser de grandes choses. C’est la preuve qu’une société progresse lorsqu’on prend la peine d’écouter tous ceux qui la composent.

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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