Saviez-vous que la Saint-Jean-Baptiste, qui porte désormais l’appellation de la Fête nationale, est célébrée en Amérique du Nord depuis l’époque de la Nouvelle-France? Découvrez les origines de cette célébration si chère au cœur des Québécois.

Source: wikipedia.org

À l’origine, la Saint-Jean-Baptiste était une célébration païenne dédiée à souligner le soliste d’été. Afin de célébrer la plus longue journée de l’année, la tradition voulait qu’un immense feu de joie soit allumé. En Nouvelle-France, elle est célébrée pour la première fois en 1638. Pour l’occasion, en plus du traditionnel feu en hommage à la lumière, des coups de canon sont tirés. Les archives de l’époque démontrent que dès lors, cette fête suscite un certain engouement auprès de la population.

La Saint-Jean-Baptiste prend une tangente patriotique

Pour bien comprendre la suite, il faut tout d’abord présenter celui qui a teinté cette fête jusqu’alors de dévotion, d’une saveur patriotique. En 1834, un certain Ludger Duvernay convie des notables de Montréal à l’occasion de premier banquet de la Saint-Jean-Baptiste. Une soixantaine de convives francophones et anglophones se réunissent, dont l’avocat John MacDonnell, le député Louis-Hippolyte LaFontaine, George-Étienne Cartier futur avocat et premier ministre du Canada-Uni et le maire de Montréal Jacques Viger.

 

L’hôte de la soirée, Ludger Duvernay, est l’éditeur du journal La Minerve et voix du Parti patriote. Quelques années plus tard, soit en 1837, il est élu à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, dans la circonscription de Lachenaie. Impliqué dans le mouvement patriotique, il sera visé par un mandat d’arrêt lancé contre 26 têtes dirigeantes des Patriotes.

 

À la suite du banquet de 1834, des journalistes invitent la population à célébrer publiquement la Saint-Jean-Baptiste, l’année suivante. Des sources indiquent que l’appel aurait trouvé écho dans plusieurs villes et villages de la province.

Religion et l’identité d’un peuple

À leurs débuts, les célébrations entourant la Saint-Jean-Baptiste sont un banquet, un défilé et la distribution de pain bénit. Au fil du temps, des organismes culturels et des membres d’ordres professionnels se joignent au membre des sociétés Saint-Jean-Baptiste.

Les magasins et les maisons affichent fièrement les symboles associés aux sociétés SJB soit la feuille d’érable et le castor. De plus, la chanson patriotique Ô Canada, mon pays, mes amours et la chanson populaire Vive la Canadienne, font office d’hymnes nationaux. D’ailleurs, c’est à Québec, en 1880 qu’est chanté pour la première fois Ô Canada qui deviendra l’hymne national officiel en 1980.

Jour férié et drapeau officiel.

Reconnue officiellement par l’Assemblée législative du Québec en 1925, la Saint-Jean-Baptiste devient alors un jour férié. En 1947, une fédération formée par les sociétés mène dès lors une campagne en vue de l’adoption du fleurdelisé en tant que drapeau officiel pour la province. Le projet se concrétise un an plus tard, soit en 1948.

 

Sources consultées : L’Encyclopédie Canadiennes, Archives BANQ, Société Saint-Jean-Baptiste

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

Laisser un commentaire