Employés de General Dynamics à vos arbalètes : 75 cerfs de Virginie à abattre | VIVA MÉDIA Skip to main content

Depuis de nombreuses années, certains employés de l’entreprise General Dynamics, située sur la rue Masson à Salaberry-de-Valleyfield, ont tissé une relation particulière avec les cerfs de Virginie présents sur le site. Des employés ont contacté le journal afin de dénoncer une situation qui leur apparaît comme étant des plus cruelles : une chasse supervisée se tiendra sur le site. L’objectif : éliminer 75 femelles.

Selon un communiqué affiché sur le tableau des employés, il est possible d’apprendre que durant deux fins de semaine, entre le 19 novembre et le 11 décembre, se déroulera une chasse contrôlée à l’arbalète. Seuls les employés possédant un permis seront autorisés à participer puisque pour accéder au site protégé de l’entreprise, un permis d’explosif est requis. Douze arbalètes seront mises à la disposition des employés. « C’est effrayant! Il faut savoir qu’il y a des chevreuils partout. Ce ne sera pas une chasse, ce sera l’équivalent d’aller au Parc Omega et tuer les animaux devant nous. Ce sera littéralement une purge », souligne un des employés qui demande à préserver son identité, craignant des représailles.

Laisser mourir les bébés

Via le communiqué affiché par l’entreprise, le nombre de cerfs ne devrait pas dépasser 25 afin d’avoir une population en santé. Actuellement, plus de 225 cerfs occuperaient le site. « C’est vrai qu’il en a beaucoup, ils sont partout! mentionne un des employés. Ils sont là, couchés dans l’herbe. C’est aussi ça que je dénonce. Ce ne sera pas une chasse : ce sera tout simplement les viser et les tuer. C’est de la cruauté animale! Le but est de tuer les mères et laisser mourir de froid et de faim les bébés durant l’hiver. Ce n’est pas écrit dans le communiqué, mais au poste de garde, c’est carrément ce qu’on s’est fait dire. Nous sommes plusieurs à l’avoir entendu ».

Un autre employé insiste : les patrons ne sont pas des monstres. « Ils ont proposé maintes solutions qui n’ont pas été retenues par le Ministère de la Faune. Ils ont suggéré de les déplacer ou de les stériliser, mais ces solutions n’ont pas été acceptées par le ministère de la Faune », mentionne l’employé. Ce dernier soulève également le fait que durant des années, ces cerfs ont été nourris par les employés, sans savoir que cela causerait aujourd’hui leur perte. « Il existe une moulée stérilisante, pourquoi ne pas leur en avoir donné avant que cela finisse comme ça »?

Chasse à l’arbalète

Considérant la nature des opérations sur le site de l’entreprise, l’utilisation de l’arbalète demeure la seule option possible. « Le problème avec l’arbalète est que si le chasseur n’est pas expérimenté, il peut facilement manquer son coup et blesser l’animal. Si un chasseur ne possède pas sa propre arbalète, on peut penser qu’il ne maîtrisera pas cette technique aussi bien qu’un chasseur qui est habitué de l’utiliser. Pour moi, ça demeure une solution risquée pour l’animal. On ne peut pas commencer à se pratiquer avec des cibles vivantes. Il y a quelque chose de dérangeant dans la façon que cela sera fait », explique un chasseur expérimenté.

Permis spécial

« Une firme externe s’occupera de superviser cette chasse, gérer les organes et transporter les carcasses jusqu’à une boucherie de la région. Le chasseur pourra conserver la viande à condition de s’acquitter des frais de boucherie. Les chasseurs peuvent aussi faire don de leur bête à l’organisme Chasseurs généreux qui distribuera la viande à une banque alimentaire. Un permis spécial sera délivré par le Ministère afin de pouvoir chasser hors-saison, hors quota et avec possibilité d’avoir plus d’une prise par chasseur », peut-on lire dans le communiqué.

Des employés bouleversés

« Les chevreuils sont magnifiques. Ils sont de qualité comme vous n’avez rarement vu. Ils sont habitués à notre présence, ils ne la craignent pas. Les bébés ne sont pas peureux, ils viennent nous voir. Ce n’est pas éthique comme chasse. Ils installeront des petites tentes pour les chasseurs, mais elles seront inutiles, ils seront tuables très facilement. Ce sera aussi facile que de sortir l’arbalète et de simplement les viser. Je comprends que c’est une question de sécurité pour l’entreprise qu’il y a un risque de les heurter en se déplaçant entre les bâtisses. Cela peut nuire aux opérations, je le comprends. Je déplore comment ça sera fait et que rien n’a été fait avant pour éviter d’en arriver là. Cet hiver, nous entendrons les bébés agoniser. Nous ne pouvons pas assister à un carnage les bras croisés. Ça me dépasse complètement que le Ministère de la Faune endosse cette purge-là », confie un employé.

Le Ministère de la Faune n’a pas donné suite à notre demande de communication. En ce qui concerne General Dynamics, le responsable des communications avec les médias a souligné que l’entreprise préférait ne pas commenter la situation pour le moment.

Mélanie Calvé

Journaliste

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