Odette Patenaude a consacré sa vie à sa famille. À 53 ans a ressenti le besoin viscéral d’opter pour des changements qui transformeraient sa vie et surtout, la perception qu’elle avait d’elle-même. À la croisée des chemins, la femme a décidé qu’il était grand temps de se choisir.

La mère de famille raconte avoir eu son premier fils alors qu’elle était jeune fille, décision qu’elle n’a jamais regrettée. Vient ensuite la naissance de son second fils. Rapidement, la mère comprend que sa relation sera fusionnelle puisque ce dernier est autisme et dépend entièrement de ses bons soins. Un troisième garçon se joindra à la fratrie.

 

En mai 2019, peu après son cinquante-deuxième anniversaire, elle ressent l’incommensurable besoin de changer sa vie. Pendant plusieurs mois, elle cherchera à combler ce besoin au sein de sa vie telle quelle la connaissait depuis plus de 30 ans. Elle débutera cette ère de changements avec la prise en charge de sa santé. En effet, Odette Patenaude a perdu jusqu’à présent 180 livres.

 

« C’est étrange à dire, mais ça a cogné dans ma tête. C’est comme si la jeune femme que j’étais était enfermée à l’intérieur de moi et qu’elle me disait qu’elle était tannée d’attendre son tour. Je veux sortir, je veux vivre. Comme si la fille de 18 ans en moi avait regardé la femme de 53 ans et lui avait dit soit que nous cohabitons ensemble ou soit une de nous meurt. Elle a décidé que nous étions trop grosses alors je me suis levée un matin et j’ai décidé de me prendre en main », raconte la femme au sourire épanoui.

En mars 2020, elle donnera un ultimatum à son mari ; leur vie casanière ne lui convient plus, elle désire qu’ils soient plus actifs socialement. En octobre 2020, réalisant que son mari et elle ne sont plus au même diapason, la femme décide donc de quitter la maison familiale malgré tout l’amour et la considération qu’elle vouait pour l’homme avec qui a partagé 25 ans de sa vie.

 

« Je veux simplement vivre à nouveau. Aller prendre des cafés avec des amies. Aller marcher sans me soucier du temps qui file, me sentir libre. Être ma priorité. J’ai commencé à vivre. J’ai pris un condo. C’est une décision que j’ai prise pour moi. Mon mari et moi avons décidé que notre maison était pour mon fils autiste, que mon mari s’occupe avec moi depuis des années, et que nous allions y alterner notre présence pour qu’il ne soit jamais seul. Lorsque mon mari travaille, je vais à la maison prendre soin de Réjean ».

 

Madame Patenaude mentionne également qu’à 53 ans, elle a eu le courage de se faire tatouer, non pas une fois, mais trois fois. « C’est comme si la folie de la jeune Odette côtoyait la sagesse de la vielle Odette. On parle souvent de la folie du démon des hommes, de leurs besoins soudains de fréquenter des jeunes femmes, de se promener en décapotable, de se sentir jeunes et vivants, mais on ne parle jamais de comment ça se passe pour les femmes. On en parle jamais parce que nous avons toutes le syndrome de la maman, nous sommes juste des mamans. J’ai décidé que j’étais également une femme ».

 

 

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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