La Montérégie n’échappe pas à la crise en devenir dans le secteur agricole | VIVA MÉDIA Skip to main content

La Fédération de l’UPA de la Montérégie s’inquiète des résultats alarmants d’un récent sondage de l’UPA sur les conséquences de l’inflation, de l’augmentation des coûts de production et de la flambée des taux d’intérêt sur la situation financière des fermes québécoises.

(Photothèque)

Selon les résultats du sondage, il est possible de constater que l’agriculture est plus impactée que d’autres secteurs par le contexte économique défavorable et que l’horizon s’assombrit pour un nombre grandissant de fermes, plus particulièrement les entreprises en démarrage. Selon le président général de l’UPA, Martin Caron, bien que la situation soit alarmante, il n’est pas trop tard pour agir.

Pour sa part, Jérémie Letellier, président de l’UPA de la Montérégie, explique que la Montérégie n’échappe pas à la crise en devenir dans le secteur agricole. « Nous souhaitons interpeller nos gouvernements et nos élus régionaux à réagir sans tarder face aux difficultés rencontrées par nos entreprises agricoles. Il faut réagir maintenant, car la situation est appelée à se détériorer rapidement », insiste M. Letellier.

Situation au Québec

Entre janvier 2020 et septembre 2022, l’augmentation du coût des intrants de production (+27,9 %) a été près de trois fois supérieure à l’inflation (+11,8 %). La hausse importante et rapide des taux d’intérêt, depuis janvier 2022, a quant à elle aggravé de beaucoup la situation. En raison de leur endettement plus élevé, les jeunes de la relève risquent d’être parmi les plus affectés par cette flambée des taux.

L’impact des augmentations est sans équivoque. Selon les 3 675 productrices et producteurs de partout au Québec ayant répondu au sondage de l’UPA le mois dernier, deux entreprises agricoles sur dix rapportent déjà une mauvaise ou très mauvaise santé financière (0-5 ans : près de trois sur dix), près de cinq fermes sur dix anticipent une détérioration de leur situation au cours des douze prochains mois et une ferme sur dix prévoit même fermer définitivement ses portes dans l’année qui vient.

Ajoutons que le resserrement tous azimuts de la réglementation agroenvironnementale, malgré les nombreux progrès accomplis ces dernières décennies, est mal venu dans le contexte actuel. Le projet d’omnibus réglementaire modifiant 24 règlements, dont le Règlement sur les exploitations agricoles accentue indûment une pression déjà insoutenable pour un nombre grandissant d’entreprises.

« Le resserrement excessif de la réglementation agroenvironnementale, au moment où la pérennité de plusieurs entreprises agricoles est compromise, ajoute une pression considérable sur les épaules d’agricultrices et d’agriculteurs qui se questionnent déjà sur leur avenir », conclut Jérémie Letellier.

En Montérégie, la situation n’est guère plus reluisante

Sur 642 répondants

  • 7 % envisagent de fermer leur entreprise si leurs obligations financières ne s’allègent pas;
  • 11 % affirment que leur situation financière est mauvaise ou très mauvaise;
  • 41 % anticipent une détérioration de leur santé financière au cours des 12 prochains mois.
Steve Sauvé

Journaliste

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