Comment parvenir à se loger et à combler ses besoins avec un chèque d’aide sociale de 625 $ par mois? C’est pourtant l’un des défis qu’affronte l’équipe d’intervenants de la ressource l’Aiguillage, afin d’aider les bénéficiaires du centre d’hébergement d’urgence.

John Gladu, directeur de la ressource l’Aiguillage. (Photothèque)

La pénurie de logements a des conséquences dramatiques pour les plus démunis. Certaines personnes vont jusqu’à offrir une surenchère pour obtenir un logement. Donc, quelqu’un qui ne dispose pas de moyens financiers doit s’avouer vaincu, avant même le son de la cloche.

Pour pallier la problématique, l’Aiguillage dispose d’une équipe composée de trois intervenants, dont la mission est de trouver des solutions pour assurer une stabilité résidentielle à la personne qui est hébergée à la ressource.

« La réalité est que les gens les plus démunis sont encore plus démunis, insiste John Gladu, directeur de l’Aiguillage. En ce moment, la majorité des gens que nous hébergeons doivent regarder pour louer une chambre. Encore là, c’est tout de même dispendieux. On parle de 450 $ à 500 $ par mois. Il n’en reste donc plus beaucoup, pour manger et les à-côtés. »

M. Gladu explique qu’en temps normal, les bénéficiaires disposent de deux semaines d’hébergement. Par la suite, ils ont l’obligation de quitter, mais peuvent tout de même revenir deux semaines après pour un autre séjour. Or, en raison de la COVID-19, la politique a été revue.

« Nous avons des gens qui sont ici depuis 21 semaines, dit John Gladu. Ils sont rencontrés chaque vendredi et ils font des démarches pour trouver un endroit. Nous mettons des outils à leur disposition, mais quand un appartement est déjà loué ou qu’il y a une surenchère, ça devient impossible. »

Deux anges

L’équipe de l’Aiguillage peut compter sur le soutien de ce qu’il est possible de qualifier comme étant deux anges. « Nous faisons affaire avec deux hommes qui ont des chambres en location. On parle d’une quarantaine de places disponibles. Ils acceptent de louer des chambres à nos bénéficiaires. Ce sont des ententes de location à court terme, mais ça donne un véritable coup de main. »

Logements sociaux

Sans hésitation, John Gladu explique qu’il pourrait remplir 200 logements sociaux dans la région. « Le gouvernement a annoncé la construction de 500 logements sociaux pour l’ensemble de la province. C’est nettement insuffisant. Présentement, ce qui se construit c’est du haut de gamme. Ce n’est pas tout le monde qui est capable de se payer ce genre d’appartement. C’est pourquoi il est important que le gouvernement procède à la construction de logements sociaux. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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