Réunis le 2 novembre dernier, dans le cadre d’un point de presse commun, des élus de la MRC de Beauharnois-Salaberry et du Haut-Saint-Laurent ont uni leurs voix afin de dénoncer la délocalisation des services de l’hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield vers le futur hôpital construit à Vaudreuil-Dorion.

Crédit photo : Ville de Salaberry-de-Valleyfield

Les maires et mairesses présents ont mentionné avoir conjointement signé une lettre visant à solliciter une rencontre avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Christian Dubé. Les élus souhaitent avoir l’opportunité de lui expliquer les raisons qui suscitent leur vive inquiétude face à la décision initiale du CISSSMO de délester l’hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield d’un grand nombre de services.

 

Miguel Lemieux, maire de Salaberry-de-Valleyfield a précisé que ce n’était pas que la gynécologie et de pédiatrie de l’hôpital du Suroît qui seront transférés vers le futur hôpital de Vaudreuil-Dorion, dont la construction est prévue pour 2026, mais 10 spécialisations. Les élus sont unanimes quant à légitimité du futur hôpital pour la population de Vaudreuil et ses environs, ils s’accordent également pour dire que cela ne devrait pas être au détriment des besoins des citoyens de la région.

 

« De gauche à droite, en passant par le centre, la région est mobilisée. C’est dans cette optique que la classe politique prend le rebond afin de se manifester de façon claire et précise. Nous demandons une rencontre avec le ministre de la Santé afin de lui exposer nos craintes. Nous avons appuyé l’ajout de services pour la région de Vaudreuil-Soulanges, nous allons le répéter, mais nous ne sommes absolument pas en désaccord avec la construction d’un nouvel hôpital pour cette région. Ils ont le droit d’avoir des soins de proximité. Par contre, ce qui a fait qu’un mouvement s’est levé c’est que nous réalisons qu’il s’agit plutôt d’un transfert de nos services et non d’un ajout de services et ce n’est pas ce que la population du Suroît et des deux MRC desservis par l’Hôpital du Suroît avait compris au départ. Qu’on ajoute des services à Vaudreuil, évidemment personne n’est contre cela, mais qu’on prenne les nôtres pour les envoyer là-bas, ça ce n’est pas du tout la même chose », a mentionné le maire de Salaberry-de-Valleyfield.

 

Pour Maude Laberge, le maintien d’un équilibre des soins entre les trois hôpitaux de la Montérégie-Ouest est indispensable pour conserver une bonne cohésion interrégionale. L’accès à des services de santé spécialisés à proximité est un facteur d’importance pour déterminer le niveau d’attractivité de nos communautés. En vidant l’hôpital du Suroît d’un si grand nombre de spécialisations, particulièrement celles recherchées par les jeunes familles, notre région deviendrait encore plus structurellement désavantagée »

 

Le Haut-Saint-Laurent impacté pour une deuxième fois

 

Madame Louise Lebrun, préfète de la MRC du Haut-Saint-Laurent a enchainé en mentionnant que le transfert des services impacterait pour une deuxième fois les citoyens des 13 municipalités du Haut-Saint-Laurent puisque ces derniers ont vu dans le passé leurs services être transférés à l’Hôpital du Suroît. « Le CISSMO, dans sa réflexion et la décision de déplacer à Vaudreuil les services de naissance, de gynécologie, pédiatrie a tout simplement ignoré ma région. Ils n’ont pas tenu compte que complètement au Sud-Ouest du Suroît, Il existe une population qui est en droit d’avoir accès à des services. Nos mamans et nos futures mamans se verront dans l’obligation de faire une heure de route et de traverser non pas un, mais deux ponts pour accéder à ce nouvel hôpital. Il ne faut pas passer sous silence les suivis de grossesse où ces mères devront faire ce même long trajet tout en organisant tant bien que mal leurs déplacements puisqu’aucun transport collectif n’est offert vers Vaudreuil ».

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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