Prendre la route pour les vacances est une chose habituelle pour la famille de Nathalie Chagnon. Or, plutôt que de prendre la route vers les États-Unis, cette année, parents et enfants ont plutôt opté pour traverser le Canada.

Un voyage en voiture de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot à Vancouver ça ne s’improvise pas à la dernière minute, surtout avec un enfant de 10 ans et un adolescent de 13 ans. Deux ans à économiser et sept mois de préparation ont été nécessaires pour la traversée du Canada d’est en ouest. Un périple routier de près de 12 000 km.

« Nous avons décidé de mettre de côté l’argent que nous mettions chaque année pour les voyages pour faire la traversée du Canada, fait savoir Nathalie Chagnon. On budgétait 10 000 $ pour un 28 ou 30 jours. C’est énorme, mais bien motivé, la tête suit, et on se rend compte qu’on dépense souvent pour des choses moins nécessaires qu’on ne le pensait. »

Réaction

Les enfants sont emballés par l’idée. « Pendant toute la phase de rêveries jusqu’à la concrétisation, ils nous posaient des questions. Le voyage sera une grande leçon d’histoire et de géographie pour eux. Pour les parents aussi… ou une révision du moins. Par-dessus tout, ce sera le voyage haut en images et en émotions qui marquera nos récits familiaux pour des années à venir! Le voyage d’une vie! Tout cela possible grâce à l’amour qui nous rassemble. »

(Photothèque)

Une des choses que Mme Chagnon s’est fait un devoir, c’est de ne rien laisser au hasard. « J’ai pris plusieurs mois pour réserver notre hébergement. Je devais attendre le mois de mai avant de pouvoir réserver plusieurs campings et les mesures sanitaires qui seraient plus permissives pour les voyages interprovinces. J’ai fait plusieurs réservations en double au départ (un hôtel et plus tard un camping dans la même ville ou 2 hôtels dans des localités différentes du même secteur touristique). Je pouvais annuler plus tard en fonction de notre budget ou des activités touristiques à proximité. C’est important de prendre des réservations avec l’option annulation gratuite. J’ai terminé par réserver certaines activités touristiques incontournables à l’avance puisqu’avec la pandémie plusieurs lieux ont des capacités réduites. »

Plan B

Inévitable, lors de la préparation d’un tel voyage, il y a des imprévus. Une brique s’est abattue sur la famille. Le véhicule prévu pour la traversée ne démarre plus. Par chance, elle possède un pick-up. « Il y a des tentes qui existent pour placer sur la boîte d’un pick-up. Les enfants ont leur pleine longueur sur les sièges ou ils peuvent dormir dans une tente au sol. Donc, nous avons acheté des tentes. Nous avions 16 nuits en camping et 12 nuits à l’hôtel. J’ai annulé des soirs de camping pour prendre plus de nuits dans les hôtels. Cela a donc augmenté les dépenses de 1 000 $. »

Le temps sur la route

Lorsqu’il est question de préparation, la famille Larose-Chagnon a même pensé aux divertissements à faire sur la route. Jeux, musique, arrêts fréquents, cartes et même jeux vidéo sont des incontournables. « C’est mon mari qui est le principal conducteur. Il paraît que je lui donne mal au cœur quand je conduis… Bon… qui sait? Alors, une des façons de passer le temps est souvent de dormir. Entre deux siestes, moi, je suis la photographe désignée et celle qui envoie le compte rendu de nos activités du jour à notre famille et à nos amis. Plusieurs aiment recevoir nos photos régulièrement. Ils ont l’impression de voyager avec nous. »

Dans l’Ouest canadien, il ne fait noir que vers 23 h. Difficile de trouver le sommeil et de conserver une certaine routine. « On doit presque toujours se lever vers 6 h 30 pour prendre la route avant 9 h 00. Moi, je suis bohème. Par chance, mon mari est réglé comme une horloge, donc il nous garde à l’heure dans nos activités. »

Modifications au parcours

Une autre surprise dans les vacances est celle des feux de forêt un peu partout au pays, mais surtout en Colombie-Britannique. Les voyageurs suivaient les conditions des routes et les avis d’évacuation de près. Surtout en approche de Jasper, Kamloops, Oliver dans la vallée de l’Okanagan. À deux reprises un changement de route s’est imposé.

« Souvent, nous étions chanceux et le vent qui tombait en milieu de journée laissait le ciel s’éclaircir et le soleil rayonner. On pouvait enfin contempler les rocheuses et les prairies pour vrai. Malheureusement, nous n’avons pas pu admirer les jolis vignobles et les vergers de la vallée de l’Okanagan, car la fumée affectait trop la visibilité. On ne voyait qu’à 20 mètres devant tout au plus. Il fallait deviner le lac qui longeait l’autoroute et les collines! On a vu certaines cheminées de feu de près aussi. »

La vie sauvage rencontrée

« Nous avons eu le plaisir de voir plusieurs animaux sauvages pour la première fois : grizzly, ours noir, chèvres des montagnes, chiens de prairies, bisons, etc. On s’est même fait réveiller par un ours noir en camping! Ça réveille sec, mettons! Par la suite, nous sommes demeurés craintifs lors de nos randonnées en forêt dans des petits sentiers étroits où il était indiqué de prendre garde aux ours. Je vous dis que ma petite cloche se faisait aller dans la forêt! Dans la vallée de l’Okanagan, nous avons visité une ferme de kangourous. On pouvait même les nourrir et les flatter. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

Un commentaire

  • Avatar Sylvain Dépôt dit :

    Félicitation à la famille Larose et Chagnon , très belle initiative de partager avec nous cette trépidante aventure dans notre beau pays le Canada . Je suis certain qu’il ne sera jamais dans l’oubli.

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