Des sinistrés résistent à l’ordre d’évacuation à Rigaud

Dans son point de presse quotidien, le maire de Rigaud, Hans Gruenwald, a déploré l’attitude des sinistrés qui refusent de quitter leur domicile, et ce, malgré l’ordre d’évacuation.

Le maire parle d’un petit groupe qui s’oppose à l’évacuation. « C’est inacceptable que ces gens ne se conforment pas. Nous faisons cela pour assurer leur sécurité. Ils n’ont pas de respect pour tous les efforts qui sont déployés, tout l’argent qui est investi pour qu’ils soient en sécurité, de dire un maire fort irrité. Et on ne veut pas se rendre jusqu’à des moyens comme une arrestation pour évacuer les gens qui ne veulent pas se conformer », dit-il.

Au total, 230 familles ont été évacuées à Rigaud soit 450 personnes, La Croix-Rouge a recueilli 84 familles ce qui représentent 180 personnes.

« Actuellement (en avant-midi du 10 mai), le niveau de la rivière est stable. On parle de 8 700 mètres cubes d’eau à la seconde qui passe par le barrage Carillon », indique le maire Gruenwald.

Impossible de retourner

Avec l’ordre d’évacuation effective, non seulement les gens sont tenus d’évacuer leur maison, mais ils n’ont pas non plus le droit d’y retourner. « À partir du moment où les gens décident de revenir, on n’a plus le contrôle de la situation et il est difficile d’éviter des situations tragiques », rappelle Hans Gruenwald.

« Les gens doivent être rassurés. Il y a des gardes 24 heures sur 24, des patrouilles de la garde côtière, et autres petits bateaux qui sillonnent les secteurs inondés afin de surveiller les propriétés et empêcher les pillages », mentionne le maire.

Ce dernier demande aussi aux sinistrés de s’armer de patience. « En 1976, cela avait pris six semaines avant que tout revienne à la normale. Par la suite, il faudra évaluer les structures des bâtiments. Sont-elles assez saines pour être réintégrés », prévient le maire qui se rendra demain à Saint-Jean-sur-Richelieu, histoire, entre autres,  de voir comment cette communauté a su gérer la crise il y a quelques années.

Le maire affirme, à ceux qui veulent l’entendre, que ce qui se produit est en lien avec les changements climatiques et que la période de temps entre ce genre d’événements pourrait se réduire avec les années.

Familles recueillies

Depuis le début, pas moins de 400 familles ont été prises en charge par la Croix-Rouge. Certains ont trouvé refuge à la bibliothèque de Rigaud, d’autres au Collège Bourget et au Collège de l’Agence des services frontaliers du Canada.

La Croix-Rouge est en pleine campagne de financement pour venir en aide aux sinistrés partout au Québec. « Nous avons recueilli 1, 7 M$ jusqu’à présent et cela continue, révèle Pascal Mathieu, vice-président de la Croix-Rouge canadienne, section Québec qui était de passage à Rigaud en ce matin du 10 mai. Ce dernier révèle que 2 M$ avaient été amassés pour Saint-Jean-sur-Richelieu. « Ça va prendre encore des dons pour aider tous ces gens. La façon la plus facile c’est de passer par le site web de la Croix-Rouge », informe Pascal Mathieu.

Toutefois, avant d’attribuer l’aide, il faudra attendre que l’eau se soit retirée afin d’évaluer les dégâts et les besoins. L’argent sera justement réparti selon les besoins les plus criants.

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