Trop peu, trop tard pour sauver la forêt Rousseau

Les écureuils devront se trouver un autre habitat à Pincourt. Photo Guillaume de Chantal

Plusieurs citoyens s’étaient déplacés à la dernière séance du conseil municipal de Pincourt afin d’en savoir plus sur l’avenir de la forêt Rousseau.

En fait, dans le cas de cette forêt, dont la superficie tourne autour de 270 000 pieds carrés, l’expression latine Alea jacta est (le sort en est jeté) s’applique très bien.  C’est que le promoteur à qui appartient cette terre projette d’y construire 45 maisons unifamiliales dans ce secteur qui s’appellera Place Pierre Brunet.

Une relique ?

Cette forêt fait partie des premiers lotissements effectués à la naissance de la Ville de Pincourt, il y a au moins une quarantaine d’années. « Cela date de fort longtemps. Les premières résidences auraient pu y être bâties, mais plusieurs propriétaires possédaient ces lots et pendant longtemps, rien n’a pu être construit faute d’entente entre les constructeurs. Et là, aujourd’hui, la  rareté des terrains fait que celui-ci devient fort attrayant », de relater le maire Yvan Cardinal.  Mais la Ville aurait-elle pu acheter la forêt à l’époque pour éventuellement la sauver. « À ce compte-là, il aurait fallu que la ville achète tous les terrains qui étaient tous des espaces verts. Alors, pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? », fait-il remarquer. Le maire a tout de même rassuré les citoyens en rappelant qu’un sentier multifonctionnel sera aménagé afin de joindre la promenade riveraine et tranquilliser le secteur.

Le propriétaire a le feu…vert

On pourrait donc parler de cette forêt comme un vieux dossier qui refait soudain surface. Ce terrain n’a jamais appartenu à la Ville et le propriétaire a pris bien soin de s’assurer que tout soit conforme. « Tous les terrains sont la propriété d’intérêts privés, seule l’emprise des rues est sous la responsabilité de la Ville, d’indiquer Michel Perrier, directeur général de la Ville de Pincourt. Et le principal promoteur, qui serait Samuel Ménard, laisse entendre qu’il veut aller de l’avant », de poursuivre le directeur.

Parmi le groupe de citoyens présents à la séance du conseil, on en comptait un, Michel Pilon, qui se disait fort déçu que cette forêt ne puisse être sauvée. « Je veux que cette forêt soit sauvée pour tous les arbres, la faune et la flore qui y vivent. J’exige du conseil qu’il nous prouve que des études biologiques et hydrologiques approfondies aient été effectuées », a-t-il réclamé. Michel Pilon sait qu’on y retrouve des espèces

« Le Ministère de l’Environnement a accordé tous les certificats d’autorisation. Les travaux pourraient débuter demain matin. Il ne reste qu’à signer l’entente finale entre la Ville et le promoteur, ce qui devrait se concrétiser en juin. Par la suite, le promoteur pourra débuter les travaux à sa convenance », précise Michel Perrier. Cette entente prévoit la mise en place des services publics, que toutes les infrastructures soient bien en place. L’entente vise également à et notamment à s’assurer que les règlements municipaux soient respectés.

Et pour répondre à la question de Michel Pilon à propos de la consultation des études du ministère sur l’écosystème de la forêt, le directeur général a rappelé que le résultat des études est la propriété du promoteur puisqu’il en a défrayé les coûts.

Même si le projet ira de l’avant, malgré une certaine opposition citoyenne, la Ville exigera tout de même qu’un minimum d’arbres soit préservé et souhaite que des zones tampons soient créées.  La Ville a également promis qu’il n’y aurait pas de coupes à blanc.

Dans tout projet de développement, le promoteur s’engage à céder 10 % du terrain ou l’équivalent en argent. « Comme les lotissements ont été effectués il y a 40 ans, cette règle ne s’applique pas dans ce cas-ci et n’est pas rétroactive », explique Michel Perrier. Ce dernier était bien content de voir autant de monde à la séance du conseil. « Je préfère cela à des salles presque vides. C’est plus intéressant quand il y a du monde. Cela donne l’occasion de s’expliquer sur certains dossiers.

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