Toujours plus haut pour Marie-Josée Viau

Marie-Josée Viau lors de sa première expédition au Népal. Photothèque

La Lazaroise Marie-Josée Viau, qui avait escaladé pas moins de 5364 mètres en route vers le mont Everest en 2017, entreprendra une nouvelle aventure dès le 19 avril prochain.

Marie-Josée Viau entend grimper au sommet du Gokyo Ri  (5360 m) et faire le Col de Rengo La Pass (5405 m) mais, cette fois, elle entend ajouter une difficulté supplémentaire.   « Mon grand défi, cette fois-ci, sera de porter tout le matériel sur mon dos donc sans porteur. Je m’entraîne très intensément depuis les dernières semaines et je compte bien passer la barre des 6000 m l’année prochaine », prévoit Marie-Josée Viau.

La Lazaroise vise plusieurs objectifs, en plus de son défi personnel en se rendant là-bas. D’abord je m’y rends pour voir une petite fille qui est orpheline, pour laquelle j’ai décidé de parrainer les études. J’y vais aussi dans l’optique d’organiser éventuellement des groupes de personnes qui aimeraient relever de tels défis, des gens qui ont été affectés par la vie et j’aimerais les amener là un jour. Ce projet consiste à organiser un groupe spécial pour le Camp de Base de l’Everest pour l’automne 2020. J’aimerais y amener des gens comme moi, qui ont fait soit une remise en forme, effectué une perte de poids, qui ont été éprouvés par divers événements ou qui ressentent tout simplement le besoin d’apporter un grand changement à leur existence. Ce groupe serait guidé par une équipe locale extrêmement qualifiée et professionnelle », explique celle qui a connu des difficultés personnelles au cours depuis son retour du premier voyage.

Ne pas négliger son équilibre mental

Dur physiquement, de telles expéditions peuvent laisser des traces au niveau psychologique. « J’ai décidé de relever ce nouveau défi, car j’en avais réellement besoin. Lorsque je suis revenu en novembre je me suis aperçu que j’étais tombée très bas. Une sorte de dépression post-trek. C’est un fait que j’ai discuté avec beaucoup de grimpeurs, la montagne ça nous change, ça change nos valeurs, nos priorités et je me suis perdu dans tout ça. J’ai dû refaire plusieurs points de ma vie. À mon retour du Camp de base de l’Everest en novembre dernier, ma vie fut entièrement remise en question. Il n’y a pas à dire, la montagne ça change une existence. Passer 18 jours avec soi-même dans l’Himalaya nous apporte beaucoup et nous amène à nous questionner sur ce que l’on est véritablement, sur le passé, l’avenir, nos projets et sur notre société portée sur la surconsommation. Il m’a fallu plusieurs semaines pour assimiler tout ce que j’y avais vécu. La vie m’a permis d’avoir cette grande opportunité d’y retourner. Et j’y vais en augmentant le niveau de défi, car je sais que j’en suis capable et j’y vais surtout avec beaucoup de gratitude envers la vie », justifie Marie-Josée Viau.

Partie de loin

Il y a quelques années, monter un simple escalier suffisait à lui faire manquer de souffle. À 40 ans, Marie-Josée Viau faisait osciller la balance à plus de 104 kg (230 lbs). « Il y a 4 ans, je vivais ma première tentative de course à pied afin de retrouver une certaine forme physique. Le fait d’avoir été obèse de niveau 2 avec plus de 45 kilos à perdre a été pendant plusieurs années une limitation à la réalisation de nombreux projets. Perdre naturellement les kilos en trop m’a paru impossible jusqu’à l’âge de mes 40 ans », relate-t-elle.

Pour elle, la randonnée (si l’on peut dire) de montagne est très physique, mais aussi très psychologique. « Se retrouver au milieu de sommets enneigés, se réveiller au petit matin à Namche Bazar, croiser des gens de partout sur la planète le temps d’échanger un Namasté (une salutation),  la chaleur incontournable du peuple Sherpa, le son de cloche des caravanes de bêtes transportant du matériel sont plus qu’une expérience de voyage. C’est un véritable apprentissage où l’on apprend à grandir, où l’on approfondit notre connaissance envers nous-mêmes, envers les humains et la planète. Nous en revenons humbles et surtout très fiers de là-bas », exprime-t-elle.

Et Marie-Josée Viau n’entend pas en rester là. « Au cours de l’année 2019, je compte être prête pour des sommets de plus de 6000 m comportant des traversées de crevasses comme le sommet d’Island Peak (6189 m). Je m’entraîne très sérieusement afin de réaliser ce futur défi. Parmi mes futurs projets figurent également l’Aconcagua (6962m) en Argentine et le Kilimandjaro (5895m) en Tanzanie. Et à partir du 19 avril, je vais prendre le temps de m’asseoir et d’imprimer les paysages dans ma mémoire », de conclure Marie-Josée Viau.

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