Revivrons-nous les inondations de 2017 ?

Une vue de la rivière des Outaouais une fois les eaux passées la centrale de Carillon. Photo Stéphane Fortier

Récemment, Hydro-Québec invitait les médias afin d’expliquer de long en large le rôle de la centrale hydroélectrique de Carillon et effectuer une visite des installations.

Depuis les inondations printanières du printemps 2017, Hydro-Québec ne cesse d’affirmer que le travail de gestion de la crue des eaux a toujours été conforme au plan prévu et qu’à la centrale Carillon, il a été impossible de retenir un débit aussi important. La société d’État fait d’entrée de jeu remarquer que la centrale Carillon en est une dite « au fil de l’eau », et a été conçue pour produire de l’électricité à même le débit naturel de la rivière. C’est aussi le cas de Beauharnois, au sud-ouest de Montréal.

« Ces centrales ne peuvent retenir l’eau comme le font les ouvrages de retenue qui forment un réservoir. Nous ne pouvons donc pas, par exemple, fermer les vannes de la centrale de Carillon et empêcher la crue d’atteindre la région de Montréal. Il n’y a pas de réservoir. L’eau contournerait nos installations, ou pire, passerait par-dessus », explique l’ingénieur Pierre-Marc Rondeau.

Pas tant la neige

« Ce n’est pas la quantité de neige tombée au cours de l’hiver qui a joué, mais plutôt la quantité exceptionnelle de pluie tombée, rappelle Julie Sbeghen, directrice, Planification de la production à Hydro-Québec. Deux événements de pluie ont eu lieu du 30 avril au 6 mai. Au cours de ces sept journées, il est tombé 70 à 140 mm de pluie sur l’ensemble du bassin, soit jusqu’à deux fois plus que la quantité normalement reçue durant tout le mois de mai », mentionne-t-elle.

Impossible d’avoir quelque contrôle que ce soit sur de telles précipitations.

Danger en 2018 ?

Et quant au printemps 2018 ?  Hydro-Québec se prépare pour la prochaine crue printanière depuis plusieurs mois déjà. L’objectif est toujours de limiter les impacts de la crue sur les résidents. Vidange des réservoirs, mesure de la quantité de neige au sol et gestion des débits ne sont que quelques exemples de gestes concrets que nous faisons pour nous préparer », explique Francis Labbé, porte-parole d’Hydro-Québec. « Chaque année, nous commençons à vider nos réservoirs annuels en décembre afin de pouvoir emmagasiner l’eau qui résultera de la fonte des neiges », ajoute Julie Sbeghen.

À l’aide d’une méthode appelée carottage, Hydro évalue les quantités de neige au sol selon les régions, afin de déterminer avec le plus de précision possible la quantité d’eau qui s’écoulera dans les différents bassins hydrographiques au moment de la fonte. Selon les résultats, nous devons alors être responsables et faire de la place dans nos réservoirs, précise Julie Sgeghen. » De fait, il en ressort que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette année il n’est pas tombé plus de neige que l’année dernière dans le bassin et, à moins de précipitations torrentielles comme l’année dernière, la crue devrait être normale au printemps.

« De toute façon, nos équipes de spécialistes surveillent l’évolution de la situation plusieurs fois par jour afin de prendre les meilleures décisions possible, dans le but de protéger la population », assure Francis Labbé.

De son côté, le maire de Rigaud, Hans Gruenwald, lors d’une rencontre impromptue à Sainte-Marthe au cours de la semaine, a tenu aussi à disculper Hydro-Québec et la centrale de Carillon. « Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est de nous faire part du débit d’eau qui traversera la centrale », nous dit le maire de Rigaud qui a été durement touchée par les inondations printanières de 2017.

« Je le rappelle, Hydro-Québec ne peut influer que sur une partie de l’eau qui circule sur le territoire. Dans les régions de l’Outaouais et de la Mauricie, par exemple, seulement quatre gouttes d’eau sur dix passent par nos centrales. C’est donc dire que nous n’avons aucune influence sur 60 % de l’eau qui circule dans ces régions », Pierre-Marc Rondeau.

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