Privé d’électricité depuis 1 mois

 

Le résident de Vaudreuil-Dorion vit depuis 1 mois sans électricité. (Photo : Steve Sauvé)

Depuis plus d’un mois, un résident de Vaudreuil-Dorion doit vivre sans électricité. Hydro-Québec a pris la décision de cesser de lui offrir le service d’électricité puisqu’il refuse l’installation d’un nouveau compteur.

L’homme, qui demande que son identité reste inconnue, est un bon client pour Hydro-Québec. D’ailleurs, sa facturation le prouve puisqu’il n’a aucune facture en souffrance avec la société d’État. Le problème réside dans le fait qu’il refuse l’installation d’un nouveau compteur à sa résidence.

« Une chance que je suis seul dans la maison, dit-il. Présentement, il fait plus froid à l’intérieur que dehors. Cependant, je compte me battre. C’est mon droit fondamental de vouloir assurer ma sécurité. La Cour Suprême a statué en 2014 sur le fait qu’Hydro-Québec n’a pas l’expertise pour assurer que les compteurs intelligents sont sans risque pour la santé. »

Hydro-Québec lui facture le débranchement

L’individu a reçu une facture de 360 $ pour les frais de débranchement. « Je ne veux pas payer cela, assure l’homme rencontré par VIVA média. Je revenais de faire des courses lorsqu’un employé d’Hydro-Québec s’est présenté chez moi pour couper mon alimentation en électricité. Je l’ai avisé qu’il était sur une propriété privée et que s’il venait sur mon terrain que j’allais appeler les policiers. Devant les faits, il a passé sur le terrain voisin et avec une perche, il a coupé le service directement dans le poteau. »

Le porte-parole d’Hydro-Québec fait savoir que l’homme n’aura aucun autre choix que de payer la somme de 360 $ pour les frais de débranchement. (Photo : Steve Sauvé)

Le quotidien de l’homme a été grandement chamboulé depuis l’interruption de service. « Disons que je mange beaucoup de BBQ, lance-t-il. J’achète de la nourriture que je mets dans une glacière. Pour me laver, je vais chez des membres de ma famille. Présentement, la seule façon dont je peux avoir de l’éclairage c’est en branchant une lampe dans un bloc de recharge. »

La loi prévoit que les consommateurs qui subissent déjà une coupure de service, en date du 1er décembre, sont automatiquement rebranchés. Cependant, si la situation ne s’était pas réglée, une autre interruption de service serait possible, dès le début d’avril. L’homme mentionne qu’il ne veut pas se faire trop d’espoir. « Hydro-Québec se donne beaucoup de droits. En ce moment, il y a une atteinte à mes droits et à ma liberté. Nous vivons dans un pays libre, mais si je refuse le compteur, je ne peux pas recevoir de service. Si Hydro-Québec ne me rebranche pas le 1er décembre, c’est l’équivalent de ne pas respecter sa propre loi. Le pire c’est que je ne suis pas le seul à qui Hydro-Québec fait cela. Je suis entré en contact avec d’autres personnes dans ma situation. »

Selon le principal concerné, son compteur est dans un excellent état. « Je l’ai barricadé afin d’éviter qu’Hydro-Québec le change pendant mon absence. Les compteurs qu’Hydro-Québec installe sont dangereux. La Régie du bâtiment du Québec a même avisé les citoyens de mettre les réservoirs de propane à trois mètres d’un compteur intelligent à cause des ondes émises. »

L’homme, qui demande que son identité reste inconnue, est un bon client pour Hydro-Québec. D’ailleurs, sa facturation le prouve puisqu’il n’a aucune facture en souffrance avec la société d’État. (Photo : Steve Sauvé)

L’homme assure qu’il va aller au bout de ses convictions et qu’il compte consulter un avocat dans les prochains jours. « Hydro-Québec fait de la pression d’une façon malhonnête. Je suis privé d’un service essentiel. Si je veux de l’électricité, la seule option qu’il me reste c’est d’installer un compteur intelligent. Cela n’a aucun sens. »

Hydro-Québec explique sa position

Chez Hydro-Québec, le porte-parole Louis-Olivier Batty confirme que si l’individu souhaite que sa propriété soit alimentée en électricité, qu’il a le devoir d’accepter le nouveau compteur. « La responsabilité de ce client est de nous dire s’il souhaite un compteur intelligent ou un compteur non communicant. Il faut comprendre que le compteur appartient à Hydro-Québec et non au client. C’est confirmé que les gens ne peuvent pas conserver le compteur mécanique », dit M. Batty.

La fin des récalcitrants

Louis-Olivier Batty indique que le déploiement massif des nouveaux compteurs est arrivé à terme et que maintenant, il ne reste que 60 000 compteurs à changer dans la province. « Hydro-Québec a laissé du temps aux clients récalcitrants, explique le porte-parole. Cependant, nous avons répondu à toutes les questions. Il est prouvé que les nouveaux compteurs émettent 55 000 fois moins de fréquences que ce qui est permis par Santé Canada. De plus, il n’y a aucune différence entre le nouveau compteur non communicant et l’ancien compteur mécanique. »

Pour ce qui est des frais de débranchement, Louis-Olivier Batty fait mention de l’article 9.1.1 de la grille des frais et prix liés au service d’électricité. « C’était la décision du client d’aller jusqu’à l’interruption, précise M. Batty. Il a eu délai minimum de quatre semaines pour signifier son choix. Il aura donc l’obligation de payer les frais de débranchement. »

Le porte-parole confirme que le client sera toutefois rebranché le 1er décembre prochain comme le prévoit le moratoire de la société d’État. « Si c’est sa résidence principale et qu’elle est chauffée par électricité, nous rebrancherons l’alimentation. Notre souhait est de servir nos clients. Il faut être raisonnable. »

  

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