Personne n’est à l’abri

James est âgé de 59 ans. Il est un ancien directeur des communications pour une entreprise fédérale. (Photo Guillaume De Chantal)

Rien ne laissait présager que James (nom fictif) et Kenny allaient un jour devenir un genre de colocataire. Issus de milieux complètement opposés, des circonstances poussent les deux hommes à avoir demandé de l’aide auprès de L’Aiguillage.

James est âgé de 59 ans. Ancien directeur des communications pour une entreprise fédérale, il a fait une demande auprès de L’Aiguillage à la fin du mois de novembre dernier. Habitué aux différentes ressources qui viennent en aide aux gens sans domicile fixe, il s’est retrouvé à la rue à la suite d’un épuisement professionnel.

James mentionne qu’à L’Aiguillage, il reçoit du soutien psychosocial, de l’écoute et qu’il y règne une grande humanité. « Ici, il n’y a pas de jugement, confie James. Ça l’aide pour l’estime de soi. Tout se déroule sous des principes de respects des individus. Je suis à quelques pas d’avoir enfin mon chez-moi. Si tout se passe bien, je vais avoir mon petit sapin dans mon salon à Noël. J’ai bon espoir de pouvoir passer à autre chose. »

Si James peut entrevoir l’avenir avec enthousiasme, il fait savoir que c’est en partie grâce à son séjour à L’Aiguillage. « Ici, on nous insuffle un sens de positivisme. Quand on connait les bas-fonds, on veut en ressortir. Pour moi, c’est aussi une question de fierté personnelle et de vouloir contribuer à redonner à la société et d’avoir un rôle actif, positif et vital. »

Kenny

L’histoire de Kenny est difficile. Peut-être parce qu’il est père de deux enfants. Son ainé est âgé de 2 ans alors que le cadet a vu le jour il y a 9 mois. Alors que l’on pourrait penser que Kenny passait ses journées à prendre soin de sa famille, c’est plutôt une déchéance, causée par sa consommation de stupéfiants, qu’il vivait au quotidien.

Kenny est père de deux enfants. Son ainé est âgé de 2 ans alors que le cadet a vu le jour il y a 9 mois. (Guillaume De Chantal)

« Ça fait deux mois que je dors dans la rue, indique celui qui a quitté Québec afin d’être hébergé à L’Aiguillage. Je suis un consommateur abusif. Je vendais des stupéfiants pour payer ma consommation. Si je n’avais pas été admis à L’Aiguillage, ma déchéance aurait continué. »

Pour la première fois, Kenny envisage la possibilité de faire une thérapie. « Je veux m’en sortir. Si quelqu’un m’avait dit l’an dernier que je serais un itinérant, je ne l’aurais pas cru. Personne n’est à l’abri dans la vie. On ne connait pas l’avenir. Je souhaite de m’en sortir. Je ne veux plus vivre cela. J’aimerais revoir mes enfants. Je ne souhaite cela à personne de tomber comme j’ai fait. »

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