« Nous sommes conscient des risques et nous les acceptons » -Francis Lafrenière, boxeur

Adonis Stevenson avait tenu à féliciter Francis Lafrenière à la suite de sa victoire face à Renan St-Juste.

Les images du boxeur Adonis Stevenson qui est transféré vers l’hôpital à la suite de sa défaite face à Oleksandr Gvozdyk le samedi 1er décembre permettent de soulever plusieurs questions. Est-ce que la boxe est un sport dont l’encadrement doit être revu ? Le boxeur Francis Lafrenière a accepté de donner ses impressions en toute franchise.

Dès le départ, Francis Lafrenière confirme qu’il n’a pas vu le duel qui s’est déroulé à la place Vidéotron à Québec. Toutefois, lorsque vient le temps de faire connaitre son opinion sur les règles de la boxe et les comparaisons avec d’autres sports de combat, le pugiliste de Coteau-du-Lac défend ardemment le noble art.

« C’est dommage ce qui est arrivé à Adonis Stevenson. Mais, comme tous les boxeurs, il était conscient des risques qu’il peut y avoir, dit Francis Lafrenière. Ça fait partie de notre métier au même titre qu’un couvreur peut tomber du toit d’une maison en travaillant. C’est un risque que nous acceptons. »

Questionné à savoir si les règles qui entourent la boxe professionnelle doivent être modifiées, Francis Lafrenière est catégorique. « Aucunement. Il faut être franc. La boxe professionnelle est aussi un spectacle. Si les boxeurs utilisaient des gros gants et avaient un casque, il n’y aurait plus aucun KO. En peu de temps, les spectateurs n’iraient même plus voir des galas. »

« En boxe olympique, les pugilistes utilisent des gants de dix ou douze onces et ils ont l’obligation de porter un casque de protection. Pour les 40 ans et plus, ce sont des gants de 16 onces. Ceci est pour réduire les dommages que peuvent causer les coups et prévenir les coupures. « Le casque aide à répartir l’impact, informe Lafrenière, qui est également propriétaire du Club de boxe Lafrenière situé à Saint-Clet. En boxe amateure, ce sont les coups qui touchent la cible qui sont comptés. Un boxeur qui reçoit un compte ne perd pas de points. En boxe professionnelle, dès qu’un des deux boxeurs est au sol, il perd un point donc, plus les gants sont petits et meilleurs sont les chances de faire tomber son adversaire. Il est donc évident que je ne suis pas favorable à ce que les gants soient plus épais et que le port du casque soit obligatoire, » poursuit-il.

Tenter de comparer les arts martiaux mixtes et la boxe professionnelle est difficile lorsque l’on parle avec Francis Lafrenière. Certains amateurs de sports de combat affirment que les MMA sont plus sécuritaires puisque le règlement stipule qu’il n’y a pas de compte de 8. « Lorsqu’un des combattants tombe au sol, son adversaire plonge dessus et il se met à la frapper au visage jusqu’à ce que l’arbitre intervienne. Ce n’est pas plus sécuritaire. À la boxe, lorsqu’un boxeur est au sol, il ne reçoit plus aucun coup. »

«La définition réelle de la boxe est de dominer son adversaire en démontrant sa supériorité tactique, technique et physique. Le K.O n’est qu’un moyen et non une fin en soi. La majeure partie des combats de boxe se terminent par décision ou arrêt préventif avant même que l’athlète visite le plancher. »

Francis Lafrenière a déjà vu un de ses adversaires être gravement blessé à la suite d’un combat. Le 24 octobre 2015, les coups répétés de Francis Lafrenière envers Aubrey Morrow ont eu pour effet d’envoyer ce dernier à l’hôpital. Le boxeur de la Colombie Britannique a fait une hémorragie cérébrale. « Il est resté à l’hôpital pendant deux semaines. J’ai vu sa famille et ses amis. Ils pleuraient. Ce ne sont pas des choses plaisantes à voir. Ce n’est pas seulement un coup de poing qui a fait cela. Pendant le combat, j’ai frappé Aubrey Morrow en moyenne 100 coups par round pendant 8 rounds. Je crois qu’il est plus dommageable de recevoir plusieurs petits coups qu’un seul. »

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