Les policiers face à une dure réalité

(Photo: Steve Sauvé

À l’opposé de ce que l’on pourrait croire, les policiers sont à des années-lumière de toujours courir après des voleurs. Une nouvelle réalité, parfois ignorée par la population, exige des agents de se transformer en intervenant. On parle des appels pour état mental perturbé.

À chaque quart de travail, les équipes de patrouilleurs de la Sûreté du Québec sont confrontées à des appels où la situation qui requiert une intervention des policiers pour une personne en crise.

L’agente Catherine Bourgoin, policière à la Sûreté du Québec au poste de Vaudreuil-Dorion indique qu’elle répond à au moins deux appels par quart de travail pour des cas d’état mental perturbé.

« Ce n’est pas seulement ma réalité, explique l’agente Bourgoin. C’est aussi le cas pour les autres patrouilleurs. Ça fait partie de notre travail. »

Lorsqu’il est question d’un état mental perturbé, les causes varient énormément. Schizophrénie, intoxication, psychose et bien d’autres, les appels pour état mental perturbé ont toutefois un point en commun. Ils ne peuvent être pris à la légère et surtout, ils demandent régulièrement une intervention rapide.

Lors du passage de VIVA média à la Sûreté du Québec le vendredi 7 septembre, une intervention pour un cas d’état mental perturbé a été effectuée par les agents. L’homme intercepté, dont l’état mental s’est détérioré à la suite d’un traumatisme crânien, a fait savoir qu’il avait tenu des propos suicidaires plus tôt dans la journée.

« Dans ce temps-là, nous discutons avec la personne, explique la policière. Nous devons trouver des solutions. Dans ce cas-ci, nous avons contacté un intervenant dans une maison spécialisée. »

Catherin Bourgoin fait savoir que le nombre d’appels de ce genre augmente chaque année. « C’est malheureux, mais c’est ainsi. Il ne faut surtout pas banaliser la consommation de stupéfiants, qui apporte son lot d’appels. Parfois, c’est des adolescents en psychose que l’on voit. »

En plus de son métier de policière, l’agente Catherine Bourgoin pourrait être considérée comme une psychologue à l’occasion. (Photo: Steve Sauvé)

Après approximativement 90 minutes de discussion, l’homme semblait se porter mieux. Les policiers, ainsi que l’intervenant contacté ne semblait plus craindre que l’individu passe à l’acte. Étrangement, l’homme a insisté pour serrer les policiers dans ses bras. Visiblement, l’intervention des agents a été salutaire. « Nous avons toutes les raisons de croire qu’il va mieux. Demain matin, un intervenant l’appellera et il aura des services qui lui seront proposés. »

Loi P-38

Cette fois, l’intervention s’est soldée sur une note positive. Advenant une conclusion contraire, les policiers auraient pu appliquer la Loi P-38. Celle-ci est une loi d’exception pouvant être utilisée si aucun autre recours n’est possible. Comme cette loi contrevient à la Charte des droits et libertés de la personne, elle se doit d’être très stricte dans son utilisation.

La Loi P-38 s’applique lorsque la personne dont l’état mental présente un danger grave et imminent pour elle-même ou pour autrui.

Bien évidemment, la notion de danger peut laisser place à l’interprétation et elle est le seul critère à évaluer pour appliquer cette loi. Évidemment, cette loi est utilisée dans les cas où la personne présente un danger et qu’elle refuse de consulter son psychiatre ou d’être hospitalisée. Dans ces moments, les policiers peuvent intervenir de force et obliger une personne à une garde préventive.

Cette garde, puisqu’elle n’est pas ordonnée par un juge, ne peut obliger une personne à subir un traitement ou une évaluation psychiatrique contre son gré. Cette mesure est un « arrêt d’agir » utilisée pour retirer quelqu’un temporairement de la société afin de lui offrir un lieu sécuritaire puisqu’il présente un danger grave et immédiat pour lui-même ou pour autrui.

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