L’épicerie à 75$ : Moisson Sud-Ouest n’est pas d’accord avec Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard en a fait réagir plus d’un en déclarant qu’il est possible de faire une épicerie avec 75$.

La Directrice au développement des affaires de Moisson Sud-Ouest, Julie-Andrée Numainville, est catégorique : il est possible de faire une épicerie qui coûte 75$, mais cette dernière ne permettra pas de nourrir adéquatement une famille de trois enfants.

« C’est une épicerie qui ne comportera pas des aliments qui respectent le Guide alimentaire canadien. On aura surtout des denrées non périssables, à faible qualité nutritive, sans produits laitiers, ni fruits et légumes frais. Ce n’est pas une épicerie qu’on a envie de faire pour nourrir notre famille », déclare Mme Numainville.

La pauvreté banalisée

 En affirmant qu’il est possible de faire une épicerie à 75$, Philippe Couillard a banalisé la pauvreté et ses impacts sur l’insécurité alimentaire, selon Julie-Andrée Numainville.

« C’est comme si se nourrir et se loger étaient une situation qui pouvait se régler en se serrant la ceinture. Ça va plus loin que ça. Le gouvernement doit faire une réflexion plus poussée», dit-elle.

Une forte demande dans Vaudreuil-Soulanges

 Moisson Sud Ouest répond aux besoins des personnes en situation d’insécurité alimentaire qui demeurent dans le Suroît.

Dans Vaudreuil-Soulanges, l’organisme vient en aide aux gens seuls, mais aussi à des familles de travailleurs. Ceux qui ont des enfants sont plus enclins à demander un coup de pouce. Plus de 1600 personnes doivent bénéficier de dépannages alimentaires chaque mois.

« C’est énorme, s’exclame Mme Numainville. Il faut arrêter de penser que seuls les itinérants vivent de l’insécurité alimentaire. Le visage de la pauvreté change et différentes circonstances peuvent emmener une personne ou une famille à avoir besoin d’aide ».

Deux périodes de l’année plus occupées

 Malgré ce qu’on peut croire, le temps des fêtes n’est pas la période de l’année la plus occupée chez Moisson Sud-Ouest. Les mois de janvier et septembre le sont encore plus.

« En janvier, on doit payer les factures de cartes de crédit et le budget est beaucoup plus serré. Septembre est toutefois le mois avec le plus de demandes en raison du retour à l’école et des dépenses qui y sont reliées. »

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