Entre économie et santé publique : l’intégration du cannabis à Vaudreuil-Dorion

La Ville de Vaudreuil-Dorion ajoutait cette semaine le terme « Industrie du cannabis » à son règlement de zonage, dans le but de préparer l’arrivée d’entreprises de ce domaine sur son territoire. Avec la légalisation prévue au mois d’août, plusieurs questions demeurent pour le maire Guy Pilon et son équipe.

Dans le règlement de zonage, « Industrie du cannabis » entre dans la classe « Industrie de prestige ». La Ville peut ainsi mieux contrôler les paramètres de qualité de la construction, et circonscrire les sites potentiels. Sur cette carte, les entreprises qui entrent dans la catégorie Industrie de prestige sont limitées aux zones mauves.

Le 7 mai, la Ville de Vaudreuil-Dorion tenait une assemblée publique de consultation en lien avec l’adoption de règlements de zonage liés à l’industrie du cannabis. Ces règlements visent à paver la voie à toutes demandes qui seront effectuées à la Ville à l’avenir, mais ils permettent également d’encadrer une demande particulière soumise à la Ville par une grande entreprise du domaine de la recherche médicale liée au cannabis.

En effet, un centre de recherche d’envergure souhaite s’installer à Vaudreuil-Dorion. Ce centre de recherches, affilié à certaines universités, œuvre dans le domaine du cannabis médical. Les chercheurs qui y travailleront contribueront au développement du produit dans une perspective de traitement, et établiront les limites et les paramètres optimaux de production en ce sens.

Après quelques recherches liées au nom du représentant des propriétaires de l’entreprise en question, il semble que le centre cherche à s’installer au 1000 Saint-Charles, à Vaudreuil-Dorion, sur le site reconnu localement sous le nom de tour Future.

Retombées positives

Pour le maire Guy Pilon et le conseil municipal, l’arrivée de ce centre de recherche aura des retombées positives pour la Ville. « Nous avons rencontré les propriétaires et nous avons reconnu le sérieux de leur démarche et de leur organisation. Il y aura bien sûr des retombées financières, et la création de plusieurs emplois de qualité dans le domaine scientifique entre autres », exprime d’emblée Guy Pilon. Et d’ajouter : « L’entreprise occupera un bâtiment qui ne l’est pas actuellement, ce qui est une bonne chose ».

Les cultures nécessaires aux recherches seront exclusivement réalisées à l’intérieur des bâtiments, et seront régies par les lois provinciales et fédérales.

Préparation pour la légalisation

Au registre des lobbyistes, on apprend qu’un groupe a amorcé des « Démarches en vue d’obtenir un certificat d’autorisation d’usage pour permettre des activités de recherche et développement relatifs au cannabis au 1000, Avenue St-Charles dans la ville de Vaudreuil-Dorion, en vertu du Règlement de zonage (# 1275) ainsi que le Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (# 1740) ».

Plusieurs questions demeurent en lien avec la légalisation prévue au mois d’août pour le maire Guy Pilon et son équipe.

« C’est un grand défi de se préparer sans connaître la teneur du projet de loi. La mise en œuvre de la légalisation repose sur les épaules des Villes, mais nous n’avons pas notre propre corps de police. Pour l’instant, il est clair qu’il sera interdit de fumer du cannabis aux endroits où il est interdit de fumer du tabac. On ne peut qu’espérer que les gens seront respectueux », laisse savoir le maire.

Les nombreuses zones grises qui perdurent inquiètent les élus de Vaudreuil-Dorion. « Par exemple, nous ne savons pas comment sera organisée la vente aux particuliers. Est-ce que ce sera des cafés, la SAQ ? De plus, ce sera difficile d’agir sur l’exposition des jeunes au cannabis, et la consommation dans les logements multiples. Pensez à la sécurité routière », soulève Guy Pilon.

Sur le terrain, le maire ressent l’inquiétude des citoyens en lien avec les nombreuses questions qui demeurent sans réponses.

« Quant à moi, ce n’est pas l’idée du siècle de procéder comme le gouvernement fédéral l’a fait. Ils se foutent des Villes, et c’est nous qui devons gérer ça. Il me semble que la légalisation aurait pu être mise en place graduellement sur une plus longue période », exprime-t-il.

Selon lui, les prochaines années seront marquées par plusieurs démarches devant les tribunaux dans l’ensemble de la société, pour déterminer ce qui est légalement acceptable ou non dans la légifération.

À propos de l'auteur

Stéphanie Lacroix

Directrice de l'information

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