Anne Quach fortement déçue du budget fédéral

La députée néo-démocrate Anne Quach ne s’est pas montrée impressionnée par ce budget qui met de côté la classe moyenne, les femmes et les agriculteurs, entre autres.

La députée néo-démocrate de Salaberry-Suroît, Anne Quach, a eu des réactions mitigées concernant le budget présenté mardi par le ministre Bill Morneau.

« Je suis assez déçue parce que l’on nous parle des femmes, mais il n’y a pas de sommes accordées pour appliquer la loi sur l’équité salariale. Il n’y a aucun investissement pour la réaliser et pourtant ça coûte des sous. Par ailleurs, les groupes de femmes revendiquent depuis longtemps un système de garderie universel. Évidemment, au Québec, ça se pose moins, mais en Ontario par exemple, comment peuvent-elles réintégrer le marché du travail? Elles doivent rester à la maison, il n’y a pas assez d’argent investi », clame dans un premier temps la Porte-parole adjointe, Égalité des femmes.

Rien pour la région

Elle déplore aussi froidement que rien n’a été mentionné pour les agriculteurs. « Ça nous touche directement dans la région. Et pourtant, ça fait des années que nous talonnons le gouvernement pour la gestion de l’offre par exemple. Il n’y a rien dans le budget sur les agriculteurs et pourtant, un emploi sur huit est relié à l’agroalimentaire. Et tout ça malgré une huitième ronde de négociations de l’ALÉNA. Malgré ce qu’ils ont dit, les libéraux n’accordent pas d’importance à nos agriculteurs, ceux qui nous nourrissent. La relève est en péril, il n’y a pas de compensation, pas de mesures nettes », déplore Anne Quach, dégoûtée.

Elle abonde dans le même sens lorsqu’elle évalue le rendement du budget en matière d’annonces en environnement. « Rien. Une dizaine de pages à peine. Pourtant c’est l’enjeu numéro un. Les changements climatiques. Nous sommes bien placés pour le savoir dans la région. Les inondations du printemps dernier. Et ça nous pend au bout du nez encore cette année. Le virage vert, rien n’a été annoncé. Les émissions de gaz à effet de serre, rien n’a été annoncé », affirme celle qui va encore plus loin en disant que le gouvernement actuel n’est pas un bel exemple à suivre en matière d’environnement.

« Il y a 14 ministères sur 19 qui n’ont pas de plan pour combattre les effets des changements climatiques. C’est déplorable, même le ministère de l’Environnement. C’est tout dire. »

Une classe moyenne forte?

Si les libéraux ont utilisé le thème Une classe moyenne forte pour baptiser le budget Morneau, Anne Quach trouve ironique de retrouver des ententes avec de nouveaux paradis fiscaux qui favorisent les riches, mais qui en laisse peu pour la classe moyenne. « Ils viennent de signer deux ententes avec la Grenade et les Îles Cook au cours des six derniers mois. Ce sont les riches de ce monde qui ne paient pas leur part pendant que les dettes étudiantes, les logements abordables sont toujours ignorés. Il n’y a rien là-dessus dans le budget et pourtant, il traîne 8 G$ par année que nous pourrions réinvestir sur la crise du logement, dans les milieux ruraux, pour les gens qui ont de la difficulté à trouver des sous pour se nourrir », ajoute-t-elle.

Elle signifie également que l’aide aux médias écrits dont il a été question depuis maintenant quelques années ne recevra que des miettes. « C’est 50 M$ sur cinq ans. Donc dix millions de dollars par année pour tout le Canada. C’est trop peu. Pourtant, nous avons besoin d’information dans nos régions », conclut celle qui s’est réjouie d’un rare point dans le budget, l’investissement en recherche universitaire. « C’est génial, mais c’est tout ce qu’il y a. Pour le reste, on cherche encore et on analyse pour trouver ce qui pourrait aider la classe moyenne. »

À propos de l'auteur

Yanick Michaud

Directeur de l'information

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