«En octobre, je vais continuer à vendre du pot. Peut-être même plus»

Le trafiquant rencontré par Viva Média n’a pas l’intention de cesser son commerce malgré la légalisation du cannabis.

Benoit (nom fictif) est un vendeur de stupéfiants dans la région de Vaudreuil-Soulanges. Selon lui, la légalisation du cannabis en octobre prochain n’affectera pas son commerce illicite. Même qu’il croit fermement que les clients se tourneront vers lui pour obtenir un produit plus fort.

Benoit a commencé à vendre des stupéfiants à l’âge de 17 ans. Si la vente de cannabis représente une grosse proportion de ses transactions, il mentionne sans hésiter qu’il offre aussi de la méthamphétamine, du haschich et plusieurs comprimés disponibles habituellement sur ordonnance, entre autres du Viagra et du Cialis.

«Est-ce que mes clients iront réellement dans une boutique pour acheter du cannabis qui sera beaucoup moins fort que ce qu’ils fument ? Poser la question c’est aussi y répondre. Selon moi, Justin Trudeau a décidé de légaliser le cannabis simplement pour obtenir des votes lors de la dernière élection. Il va faire quoi lorsqu’il va réaliser que les policiers ne pourront plus m’arrêter avec du cannabis puisqu’ils ne sauront pas si je l’ai fait pousser ou si je l’ai acheté dans une boutique», mentionne Benoit.

Le trafic de cannabis rapporte beaucoup, explique l’homme âgé dans la trentaine qui demande à ce que son identité ne soit pas révélée. «Je fais en moyenne 1500 $ par semaine. C’est beaucoup d’argent. Là, le gouvernement croit réellement que le crime organisé va arrêter de vendre du cannabis. Si c’est le cas, c’est l’équivalent de croire aux licornes et à la fée des dents. La seule chose qui va changer c’est que désormais, m

Le trafiquant explique qu’il cultive plus de 200 plans de cannabis par année.

es clients n’auront plus à craindre la police et par la même occasion de se faire arrêter. Ça sera légal.»

 

Toujours selon l’homme qui a été arrêté à deux reprises dans les sept dernières années, plusieurs clients ne disposent pas nécessairement d’argent pour consommer. «J’ai une liste sur laquelle j’inscris le nom des clients qui me doivent de l’argent, explique Benoit. Dans les boutiques, je ne crois pas que les gens pourront s’acheter de la marchandise à crédit. Moi je le fais. Quelqu’un qui n’aura pas d’argent et qui voudra consommer, où croyez-vous qu’il ira cogner?»

La ministre explique

Invitée à commenter la situation décrite par le trafiquant, Lucie Charlebois, députée de Soulanges et ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, fait savoir qu’il y aura toujours des gens qui contourneront la loi, mais que les policiers de la Sûreté du Québec et de la Gendarmerie royale du Canada travaillent en collaboration pour contrer la contrebande. «Le travail des policiers pourrait s’intensifier, confie Mme Charlebois. Dans un avenir rapproché, les gens auront accès à un produit contrôlé de meilleure qualité. Présentement, il ne faut pas croire que les gens qui cultivent du cannabis se soucient du produit.»

Lucie Charlebois précise que les policiers poursuivront le travail afin d’éliminer le trafic de stupéfiants, et ce, même le cannabis. (Photo: Viva Média)

Boutiques

Québec a annoncé l’ouverture de 20 succursales où il sera possible d’acheter du cannabis lorsque le projet de loi sur la légalisation du cannabis a été présenté. Lucie Charlebois confirme que le nombre de boutiques pourrait attendre 150 au terme du déploiement. Cependant, rien n’indique qu’il y aura un point de vente dans le Suroît en octobre prochain.

«Il faut comprendre que si une municipalité ne désire pas qu’une boutique du genre ouvre sur son territoire, qu’il n’y en aura pas, laisse savoir la députée et ministre déléguée. Les gens pourront faire leurs achats sur internet. De plus, il est important de souligner que l’accès aux futures boutiques sera interdit aux personnes mineures. Un parent ne pourra apporter son enfant à l’intérieur d’une boutique.»

En ce qui a trait à la possibilité que des points de vente soient ouverts sur la réserve de Kahnawake, Mme Charlebois insiste sur le fait que les seuls points de vente autorisés seront ceux de la Société québécoise de cannabis. «Les réserves sont en territoire du Québec, mais c’est des programmes fédéraux qui s’y appliquent. Par conséquent, il ne pourra y avoir des points de vente de cannabis dans ce secteur.»

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