Selon la toute première enquête sur la consommation d’alcool des Québécois depuis le début de la période de confinement, menée par CROP pour le compte d’Éduc’alcool les 4 et 5 avril, une grande majorité (82 %) de Québécois n’a pas augmenté (69 %) voire a même réduit (14 %) sa consommation d’alcool au cours du dernier mois. Seuls 18 % ont bu davantage alors que 15 % ont accru la quantité d’alcool consommée par occasion et que près de 4 % boivent plus fréquemment. À cette bonne nouvelle, ajoutons que la très grande majorité des Québécois ont suivi les recommandations les invitant à respecter les limites de consommation à faible risque.

« Bien que les premières données venues d’Europe, d’Australie et des États-Unis laissaient présager – voire craindre – que le confinement conduirait à une augmentation spectaculaire de la consommation d’alcool, les Québécois se montrent généralement sages, prudents et disciplinés, même s’ils ne renoncent pas à prendre un verre pour le plaisir. Il faut les en féliciter, il va sans dire. Mais le portrait est perfectible, car il y a encore trop de buveurs qui dépassent les limites recommandées. Cela montre aussi l’importance de notre travail de prévention et nous incite à poursuivre nos efforts de sensibilisation même – et surtout – en temps de pandémie » a souligné Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.

Des données toutes fraîches

Éduc’alcool, qui a mené une campagne d’incitation à la modération dès les premiers jours de la pandémie, avait pour objectif de mesurer, par ce sondage, les effets de ses efforts. Il en a profité pour faire brosser un portrait de la consommation d’alcool dans le Québec en situation d’isolement.

Les Québécois qui ont réduit leur consommation d’alcool expliquent ce changement par le fait qu’ils boivent généralement à l’extérieur dans les bars et les restaurants, ou encore parce qu’ils sont des buveurs sociaux qui ne consomment qu’en compagnie de parents ou d’amis. Ils évoquent aussi la crainte de faire leurs achats dans les magasins. Ils disent également qu’ils ont moins le goût de boire, qu’ils réduisent leurs dépenses ou qu’ils ne veulent ou ne peuvent pas sortir pour se procurer de l’alcool.

Pour leur part, ceux qui ont augmenté leur consommation d’alcool mentionnent entre autres qu’ils ont plus de temps pour consommer, qu’ils s’ennuient et que cela leur permet de réduire le stress ou leur anxiété.

Ce sont surtout les jeunes (moins de 35 ans), les plus fortunés, et ceux qui sont plus affectés psychologiquement par la situation (déprimés, stressés ou tristes depuis le début de l’isolement) qui ont augmenté leur consommation.

« Toutefois, l’augmentation ou la diminution de la consommation, en soi, ne sont pas suffisantes pour avoir le portrait complet de la situation, car si une personne qui prenait deux verres par semaine en prend désormais quatre ou cinq, cela ne poserait pas vraiment de problème. Tandis que quelqu’un qui dépassait déjà les limites recommandées demeure un consommateur excessif, même s’il n’a pas augmenté sa consommation » de préciser Hubert Sacy.

Le portrait doit donc être complété par les données relatives au respect des niveaux de consommation d’alcool à faible risque.

Les comportements en bref

  • Près de 7 Québécois sur 10 (69 %), qu’ils soient buveurs ou abstinents, n’ont pas changé leur consommation depuis le confinement ;
  • 14 % l’ont diminuée : 7 % un peu et 7 % beaucoup ;
  • 18 % ont dit consommer davantage : 15 % un peu plus et 3 % beaucoup plus ;
    • Parmi ces 18 % qui ont augmenté leur consommation d’alcool, 83 % (15 % du total) boivent plus souvent et 20 % (4 % du total) boivent davantage par occasion.
  • La fréquence de consommation des Québécois depuis le dernier mois est contrastée et se présente ainsi :
    • 31 % n’ont pas du tout bu d’alcool (26 % habituellement) ;
    • 14 % ont bu entre une et trois fois (24 % habituellement) ;
    • 18 % ont bu une à deux fois par semaine (24 % habituellement) ;
    • 24 % ont bu de trois à cinq fois par semaine (20 % habituellement) ;
    • 14 % ont bu six ou sept jours par semaine (6 % habituellement).
VIVA média

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