Véritable icône dans le hockey professionnel au Canada, le gardien des Canadiens de Montréal Carey Price a demandé de l’aide auprès de la Ligue nationale de hockey la semaine dernière. Pour Patrick Bordeleau, ancien joueur de hockey professionnel, le parcours qu’entreprend Carey Price est salutaire.

Patrick Bordeleau ne le cache pas. Il a eu recours au programme d’aide de la LNH il y a quelque temps. Le même programme qui est venu en aide à Jonathan Drouin, il y a quelques mois et présentement à Carey Price. Pour l’ancien porte-couleurs de l’Avalanche du Colorado, cet appel qu’il a logé a complètement changé sa vie.

« Ça me fait tellement de bien, avoue Patrick Bordeleau. J’ai des suivis réguliers avec des médecins. Pour les athlètes professionnels, il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne. L’anxiété de performance, la pression de l’entourage et de l’équipe, la pression de gagner énormément d’argent, ce n’est pas étonnant que les gars finissent par craquer. Déjà dans la vie de tous les jours, les gens ont de la pression, donc quand une équipe te donne des millions de dollars, c’est évident qu’il y a des attentes qui doivent être remplies. »

La pression

Un hockeyeur professionnel vit continuellement de la pression. Parfois, certains joueurs doivent composer avec cet ennemi qui, une fois insupportable, peut anéantir une carrière. « Les vedettes se trouveront toujours des contrats. Mais, pour les autres, quelques mauvaises parties et tout peut basculer. Être dans la LNH ça veut dire d’être au meilleur de ta forme pour 82 parties. Même pendant les pratiques tu dois être sur la coche. Même lors des sessions d’autographe, les joueurs doivent être heureux et à leur meilleur. Dans mon cas, j’avais un rôle d’homme fort. Je savais ce que je devais faire pour jouer dans la LNH. Je regardais l’alignement de l’autre équipe et je savais que j’allais devoir me battre. J’étais tellement anxieux que la veille d’un match, je ne dormais même pas. Après une partie, l’adrénaline était tellement présente que je devais prendre des médicaments pour dormir. J’ai également souvent joué alors que j’étais blessé, et ce, pour ne pas perdre mon poste. Donc, les médicaments commencent et ce n’est pas long que la santé mentale soit grandement affectée. La pression de ne pas vouloir décevoir personne prend alors une place importante. La pression de ne pas perdre sa place dans l’équipe. En fait, dès que tu signes un contrat dans la LNH, la pression commence. Ce n’est pas pour rien que ça commence à sortir un peu partout et que les athlètes professionnels commencent à en parler. Depuis que je ne joue plus au hockey professionnel, cette pression est disparue et je n’ai jamais été aussi heureux. »

Montréal

Patrick Bordeleau a joué avec l’Avalanche du Colorado. « Moi, c’est rare que les journalistes parlaient de moi dans les pages de sports à Denver. Cependant, pour des gars comme Jonathan Drouin et Carey Price, ils sont continuellement sous les projecteurs. Ce n’est pas facile pour les joueurs à Montréal. Dès que Carey a une mauvaise rencontre, il se fait ramasser. En plus, lui-même se tape sur la tête, car il sait son rôle et son importance. Parfois, les amateurs disent que tel ou tel joueur ne sont pas des vrais, car ils ne semblent pas vouloir jouer à Montréal, mais ces personnes ne savent pas ce que représente la pression, pour un Québécois, de jouer pour les Canadiens de Montréal. »

Il y a déjà eu plusieurs rumeurs qui laissaient présager que Patrick Bordeleau en a lui-même entendu parler. « C’était avant que je signe mon contrat de 3 ans avec Colorado. Je devenais joueur autonome le 1er juillet. Il y avait une rumeur qui laissait présager que Marc Bergevin allait me faire une offre si j’attendais l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Cependant, après une courte réflexion, j’ai signé pour 3 ans avec l’Avalanche du Colorado. Dans mon cas, la famille aurait été proche, mes amis aussi, mais je n’avais pas envie de vivre une telle pression. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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