Il ne faut pas jouer à l’autruche, l’usage de produits dopants est une réalité à laquelle sont confrontés plusieurs athlètes. Parfois, cela peut même faire une différence entre l’accomplissement ou la fin d’un rêve. Mais, peu connaissent réellement les conséquences.

Ancien hockeyeur dans la LNH, Patrick Bordeleau explique qu’il ne faut surtout pas croire que tous les joueurs du circuit ont des conduites irréprochables. (Photothèque)

Un hockeyeur de 17 ans qui est à deux cheveux d’être repêché par une équipe de la Ligue nationale de hockey, un athlète dont la participation aux Jeux olympiques est sur le point de se réaliser, un boxeur professionnel qui en est qu’à une grande performance d’obtenir un lucratif combat ou simplement pour bien paraître sur dans la vie de tous les jours, les raisons pour faire l’usage de produits anabolisants ou de drogues récréatives sont nombreuses.

Ancien hockeyeur dans la LNH, Patrick Bordeleau explique qu’il ne faut surtout pas croire que tous les joueurs du circuit ont des conduites irréprochables. D’ailleurs, un sondage réalisé à l’interne par la LNH démontrait qu’en 2013, que 78 % des joueurs de la ligue consommaient des drogues de façon récréative.

« Il n’y a pas de sensibilisation qui se fait, dit Patrick Bordeleau. Un jeune arrive dans la LNH et sa vie change complètement. Il réalise son rêve, il a de l’argent et en plus, s’il a moindrement une belle gueule, ça peut devenir facilement problématique. Il faut que les jeunes soient mieux outillés pour faire face à cette réalité. »

Les tests positifs

L’ancien porte-couleurs de l’Avalanche du Colorado explique que si un joueur obtient un résultat positif à l’usage de stéroïdes, qu’il est automatiquement suspendu pour 25 rencontres. Mais encore là, les tests ne se font pas sur une base régulière. Pour ce qui est d’un résultat positif à l’usage de drogues récréatives, il recevra uniquement un appel d’un médecin afin de savoir s’il a un problème de consommation. Si le joueur dit qu’il est question d’un événement isolé, la discussion prendra fin.

« Les joueurs peuvent être testés deux fois par saison, l’une d’elles est lors du camp d’entraînement. Donc, supposons qu’un gars se fait tester une autre fois en novembre, il sait qu’il ne sera plus testé de la saison. C’est la même chose pour les stéroïdes que pour la drogue récréative. Sérieusement, l’usage de cannabis, de cocaïne et de narcotique est des choses courantes. Sans nommer de nom ou de dire dans quelle ligue que je jouais, j’ai déjà fait partie d’une équipe dont 17 joueurs sur 23 consommaient de la cocaïne sur une base régulière. Un joueur peut avoir 3 tests positifs à la drogue avant d’être dans l’obligation d’aller dans une thérapie. »

Patrick Bordeleau aimerait voir les choses changer. C’est pourquoi il travaille sur un projet dans le but de rencontrer tous les joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. « Je travaille vraiment fort sur ce projet. S’il est accepté, je ferai le tour de toutes les équipes de la ligue chaque année pour parler avec les jeunes. C’est l’une des bonnes façons de faire changer les choses. La sensibilisation peut faire une grande différence et les jeunes joueurs doivent connaître la réalité. Certains d’entre eux seront dans la LNH dans quelques années. C’est important qu’ils connaissent cette réalité et qu’ils fassent les bons choix. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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