André Marleau est producteur agricole à Saint-Télesphore depuis 1968. Dans les dernières années, il a noté une augmentation marquée des populations de bernaches dans la région. Et il n’est pas le seul.

« De nombreux producteurs observent ce phénomène particulier et s’en inquiètent », dit-il d’emblée.

Les problématiques liées à la présence de plus en plus de bernaches s’observent dès le printemps, avant même la période des semences de saison.

En effet, les bernaches s’attaquent d’abord aux cultures de blé d’hiver, faisant des ravages ces dernières années en raison de leur nombre important.

Par la suite, elles s’attaquent aux jeunes plantules dans les champs de maïs et de soja, lorsqu’elles atteignent 2 ou 3 centimètres.

« Les producteurs remarquent l’impact grandissant du passage des bernaches. Ils se questionnent sur les mesures à prendre, car il est difficile d’évaluer clairement les dégâts avant que les plants atteignent une grandeur plus importante. Les bernaches déséquilibrent le ratio semence/hectare et nuisent donc aux récoltes finales », explique-t-il.

Problèmes régionaux

Les bernaches de plus en plus nombreuses causent différents maux de tête aux producteurs, selon leur domaine.

Par exemple, les producteurs laitiers cultivent souvent de la luzerne pour l’alimentation du bétail. Toutefois, il s’agit d’une culture tout particulièrement visée par les nuées de bernaches. Ils voient donc une forte proportion de leur champ se faire dévorer par ces oiseaux.

L’impact négatif des groupes de bernaches se fait spécialement sentir après les périodes de pluie. En effet, en piétinant massivement une zone humide, elles compactent le sol qui devient croûteux en séchant. Les plants ont ainsi plus de difficulté à percer la terre pour germer. Un sol plus compact implique également beaucoup plus de travail de préparation de la part des cultivateurs.

Une problématique touche aussi tout spécialement les producteurs de maïs des villes comme Saint-Zotique, Coteau-du-Lac, Rivière-Beaudette, Pointe-Fortune ou Rigaud, par exemple, situées en bordure de plans d’eau. En effet, les bernaches y ont tendance à gruger le bout des épis de maïs, en s’installant sur le plant lui-même. Avec leurs pattes, elles infectent souvent le plant avec une moisissure particulière.

Que faire?

Il va sans dire qu’en assemblée dans divers contextes, les agriculteurs de la région ont déjà abordé la problématique des outardes cette année. Ils sont à la recherche d’outils pour réduire leur impact sur les cultures.

« Acutellement, tout ce que nous pouvons faire, c’est de chasser les nuées en circulant en 4 roues, par exemple », soulève André Marleau. La réponse à ce problème reste toutefois à être trouvée.

« La solution doit être efficace, peu couteuse et respectueuse de la faune. Nous allons devoir nous asseoir avec des spécialistes qui ont étudié le comportement de ces oiseaux pour trouver la meilleure façon de sauver les récoltes, car il y a un gros climat d’inquiétude actuellement », conclut-il.

Stéphanie Lacroix

Stéphanie Lacroix

Journaliste

Laisser un commentaire

INSCRIVEZ-VOUS
À NOTRE INFOLETTRE

MERCI POUR VOTRE
ABONNEMENT!