Selon un récent sondage, la grande majorité des Canadiens sont favorables à ce que le gouvernement fédéral agisse avec urgence pour restreindre considérablement la publicité pour les produits de vapotage avec nicotine, afin d’en réduire la consommation croissante chez les jeunes. Des révélations récentes ont confirmé que le nombre d’utilisateurs pour ce genre de produit a bondi. Des spécialistes de la santé qualifient même l’augmentation du nombre de jeunes vapoteurs de véritable « épidémie ».

Une action urgente du gouvernement pour combattre le vapotage chez les jeunes est demandée. (Photothèque)

Les résultats, 7 Canadiens sur 10 (69%) sont favorables à une intervention urgente du gouvernement au niveau de la consommation des produits de vapotage chez les jeunes, 8 sur 10 (82%) soutiennent l’interdiction de la publicité sur Internet et à la télévision pour les produits de vapotage et 6 sur 7 (86%) sont d’avis que le gouvernement devrait appliquer aux produits de vapotage les mêmes restrictions publicitaires que celles pour les produits du tabac, appuient fermement les récentes requêtes des groupes de santé réclamant l’action rapide du gouvernement fédéral pour remédier à ce que les récentes recherches indiquent être une augmentation fulgurante du vapotage chez les jeunes partout au Canada.
Avec l’adoption du projet de loi S-5 le 23 mai 2018, le gouvernement fédéral a ouvert la voie à la commercialisation généralisée et agressive par les fabricants de produits de vapotage, y compris l’industrie du tabac. Des publicités sont apparues à la télévision, sur des panneaux d’affichage extérieurs et sur des points de vente, sur des murs de métro, sur Facebook, Instagram et YouTube, ainsi que dans de populaires installations artistiques criardes et événements de rue.

Action législative ou réglementaire?

Alors que la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor, a fini par reconnaître le problème urgent du vapotage et de la dépendance à la nicotine chez les jeunes, le gouvernement s’est limité au lancement de deux consultations réglementaires, explique Neil Collishaw, directeur de la recherche chez Médecins pour un Canada sans fumée (MCSF). L’une visant à limiter l’exposition des jeunes à la publicité et l’autre à réglementer divers attributs des produits de vapotage, y compris les saveurs, le design et la teneur en nicotine. Les groupes de santé considèrent cette approche totalement inadéquate. »

Des mesures audacieuses sont nécessaires

Les mesures réglementaires à l’étude, énoncées dans l’avis d’intention de Santé Canada, autoriseraient toujours les annonces de cigarettes électroniques avec nicotine à la télévision, sur Internet et dans des contextes sociaux tels que les bars, en plus des ventes sur Internet. « Les mesures proposées sont clairement insuffisantes. Tout le monde sait que les enfants naviguent mieux sur Internet que leurs parents! De plus, autoriser les ventes sur Internet facilite la mise en place de réseaux de distribution illégaux ainsi que le partage en ligne d’éléments de marque et d’autres images promotionnelles, » déclare Michael Perley, directeur général de l’Ontario Campaign for Action on Tobacco. « 86% des Canadiens conviennent que les mêmes restrictions en matière de publicité que les produits du tabac devraient s’appliquer aux produits de vapotage, y compris 77% des fumeurs. »

Une étude récente a par ailleurs montré que le vapotage augmente le risque de tabagisme futur de près de 400%.

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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