Lorsqu’un appel fait à 15 kilomètres est un interurbain | VIVA MÉDIA Skip to main content

Il y a à peine quelques semaines, le budget 2019 qui a été déposé par le gouvernement fédéral mentionnait un investissement majeur pour favoriser l’accessibilité à l’internet haute vitesse dans les régions. Cela peut sembler étranger à notre région, mais les endroits limitrophes à l’Ontario n’ont toujours pas le service de fibre optique et, pire encore, la téléphonie résidentielle est tout aussi compliquée.

Outre la lenteur de l’Internet, les citoyens de Rivière-Beaudette, par exemple, doivent aussi vivre avec l’absurdité du système interurbain pour la téléphonie résidentielle. Un simple appel à Coteau-du-Lac devient un interurbain, tandis que d’appeler à Saint-Louis-de-Gonzague demeure un appel local.

À titre comparatif, notons que Rivière-Beaudette est située à 15 kilomètres de Coteau-du-Lac, mais à 40 kilomètres de Saint-Louis-de-Gonzague.

« C’est vraiment absurde, nous avons essayé de faire pression auprès des compagnies de télécommunications il y a déjà dix ans, affirme Jean-François Blanchard, vice-président de la Chambre de Commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges et ancien président de l’AGAS (Association des gens d’affaires de Soulanges). Nous étions plusieurs de l’AGAS à avoir fait pression auprès de certaines compagnies, mais nous tournions en rond. Le problème est le non-désir d’investir en région, où les clients sont moins nombreux. La problématique ne touche pas seulement les téléphones résidentiels et l’internet, mais même les téléphones mobiles. Dans ma propre maison, si je tiens mon téléphone de la main gauche je suis sur mon réseau, si je change de main, je tombe en itinérance. »

La majorité des municipalités près de la frontière ontarienne se retrouvent dans la même situation. La fibre optique demeure un désir irréalisable pour ces gens qui doivent encore utiliser des soucoupes. De fait, dans ces territoires, Vidéotron ne dessert pas, il s’agit du territoire de Cogeco et les installations sont les anciens systèmes de Valleyfield Transvision. La présence de Bell, quant à elle, se limite aux soucoupes.

L’accès à internet, une loi

Sur le site web du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes), il est dit qu’il est important que les Canadiens puissent accéder à des services internet de qualité à des prix abordables. Et ils font d’ailleurs référence à une loi canadienne, entérinée par nulle autre que Sa Majesté.

Cette loi sur les télécommunications au Canada (L.C. 1993, ch. 38, Sanctionnée 1993-06-23, Partie I -dispositions générales) stipule comme suit :

La présente loi affirme le caractère essentiel des télécommunications pour l’identité et la souveraineté canadiennes; la politique canadienne de télécommunication vise à : a) favoriser le développement ordonné des télécommunications partout au Canada en un système qui contribue à sauvegarder, enrichir et renforcer la structure sociale et économique du Canada et de ses régions;
b) permettre l’accès aux Canadiens dans toutes les régions, rurales ou urbaines, du Canada à des services de télécommunication sûrs, abordables et de qualité;
c) accroître l’efficacité et la compétitivité, sur les plans national et international, des télécommunications canadiennes;
d) promouvoir l’accession à la propriété des entreprises canadiennes, et à leur contrôle, par des Canadiens;
e) promouvoir l’utilisation d’installations de transmission canadiennes pour les télécommunications à l’intérieur du Canada et à destination ou en provenance de l’étranger;
f) favoriser le libre jeu du marché en ce qui concerne la fourniture de services de télécommunication et assurer l’efficacité de la réglementation, dans le cas où celle-ci est nécessaire;
g) stimuler la recherche et le développement au Canada dans le domaine des télécommunications ainsi que l’innovation en ce qui touche la fourniture de services dans ce domaine;
h) satisfaire les exigences économiques et sociales des usagers des services de télécommunication;
i) contribuer à la protection de la vie privée des personnes.

Un budget fédéral pour remédier?

Bien que le gouvernement fédéral annonçait son intention d’assurer l’accessibilité à l’internet haute vitesse, la situation est encore peu concrète pour de nombreuses régions. L’union des consommateurs mentionne, qu’internet haute vitesse est disponible pour 97 % des ménages en zone urbaine, alors que seulement 37 % des ménages disposent de cet accès en zone rurale, éloignée, ou de faible densité de population.
Ottawa a annoncé des investissements de cinq à six milliards sur 10 ans pour le déploiement d’internet au pays, afin d’assurer un accès au réseau large bande à tous les Canadiens.
D’ici ce temps, les gens de Rivière-Beaudette et des environs doivent se déplacer plutôt que de parler via un appel téléphonique s’ils souhaitent éviter des frais.

Nicola Di Narzo

Journaliste

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