Tous les organismes qui travaillent en logement social et communautaire constatent que, depuis 13 ans, la situation du Québec, du point de vue de l’habitation, se détériore. La pandémie a braqué la lumière sur certaines de ces situations, alors qu’on observe une augmentation considérable du coût des maisons et des loyers et que la part des revenus des ménages consacrée au logement explose. Cette situation, qui s’accompagne d’un exode des grandes villes vers les banlieues ou les campagnes, accroît le nombre de personnes mal-logées et à risque d’itinérance.

Comme lors de chaque crise, les personnes les plus vulnérables sont celles qui sont les plus touchées : les personnes aînées, les femmes victimes de violence, les familles monoparentales, les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et physique, les jeunes en rupture familiale, etc.

Plusieurs solutions existent pour favoriser la sortie de crise, dont faciliter la construction de logements sociaux et communautaires. Par faciliter, nous entendons faire du financement gouvernemental en habitation une priorité. Un exemple? L’an dernier, le gouvernement décidait d’offrir 1,2 milliard $ en réduction des taxes scolaires aux propriétaires privés, une donne qui enrichit les plus favorisés de notre société. Cette somme représente 2 fois plus que le budget de dépenses au financement des activités de la Société d’habitation du Québec et à l’entretien des habitations à loyer modique (HLM), ainsi qu’au programme Accès-Logis!

Martine Boyer

Des modèles diversifiés

Au Québec, trois modèles d’habitation travaillent de concert pour tâcher de favoriser le mieux-être des locataires les moins nantis : les habitations à loyers modiques (HLM), les coopératives et les OSBL d’habitation.

Les HLM sont des logements destinés aux ménages à faibles revenus qui appartiennent au gouvernement et qui sont gérés par des offices municipaux d’habitation comme celui de Salaberry-de-Valleyfield et de Beauharnois ou ceux, plus régionaux, du Haut-Saint-Laurent ou de Vaudreuil-Soulanges.

Les coopératives sont des entreprises privées à propriété collective qui obligent les membres-résidents, par leur implication bénévole, à administrer et gérer les affaires et les immeubles. Au sein du Suroît, il y a cinq ou six coopératives.

Les OSBL d’habitation communautaire sont des organismes d’action communautaire autonome qui offrent du logement abordable et sécuritaire à des personnes à faible revenu en y encourageant l’implication bénévole. Il a plusieurs OSBL d’habitation communautaire de ce type dans la région; on en dénombre près d’une trentaine.

Des besoins régionaux

Comme au Québec, notre région a plusieurs besoins criants. Des données recueillies par le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH), pour sensibiliser les élus à financer le logement communautaire lors des élections provinciales en 2018, ont d’ailleurs permis de se faire une idée précise de ceux-ci.

Dans la région de Vaudreuil-Soulanges, les principaux défis consistent à s’assurer de pouvoir contrer la pénurie de main-d’œuvre pour les entreprises qui s’y installent en proposant des offres de logement diversifiées pour tous les budgets, et ce, en tenant particulièrement compte de la vulnérabilité des familles immigrantes récentes. En effet, celles-ci sont plus susceptibles d’éprouver une situation de faible revenu persistant, ce qui mine leurs chances d’avoir accès à un logement adéquat.

Dans la région du territoire de Beauharnois-Salaberry-de-Valleyfield, le principal défi, de taille, est de créer des endroits où loger les familles nombreuses, souvent dirigées par une cheffe de famille monoparentale. Le territoire compte effectivement une forte proportion d’enfants vivant dans des familles à faible revenu (20 %), plus que l’ensemble du Québec (14 %), ce qui place la circonscription parmi les 30 premières régions où l’on trouve les enfants le plus vulnérables dans la province. Les grands logements, qu’ils soient dans les marchés locatifs privés ou publics, sont rares. Il faut considérer une nouvelle offre pour favoriser l’épanouissement de ces jeunes.

Dans la région de Huntingdon, 22 % des personnes ayant un faible revenu sont des femmes de 65 ans et plus, dont une grande proportion vit seule. Le défi consistera à axer les prochains efforts en matière de logement sur cette clientèle, une manière, en plus, de contrer leur isolement social.

Ces défis devront être relevés par les élus de tous les paliers, mais aussi par les propriétaires privés et les citoyens qui devront s’informer et faire tomber les préjugés. Ensemble, vers un monde plus égalitaire.

Martine Boyer
Collaboratrice spéciale
Responsable des communications et de la vie associative à la FROHME

Photo Martine Boyer

VIVA média

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