La hausse tarifaire annoncée par A30 express fait rager un des principaux influenceurs de l’industrie du camionnage, Daniel Beaulieu, fondateur et administrateur de l’Heure juste du camionneur.

À partir du 1er février, le prix d’un passage au poste de péage de l’autoroute 30 pour un camion de 53 pieds sera de 16 $. (Photothèque)

En fait, ce n’est pas la hausse du tarif qu’il déplore. C’est plutôt le fait que le gouvernement avait justifié à l’époque que la hausse des frais sur les permis de conduire et les frais d’immatriculations feraient en sorte qu’il n’y aurait plus aucun péage au Québec. Pour M. Beaulieu, il est grand temps de faire une réflexion, surtout que selon lui, l’état de l’autoroute 30 présente déjà des signes de décrépitude. « C’est fou, dit-il en entrée de jeu. La durée du contrat est de 30 ans. Donc, il reste 23 ans. Ça va coûter une fortune au gouvernement de reprendre la 30, car elle sera due pour être refaite au complet. Québec aurait avantage à racheter le contrat présentement. En 2042, ça représentera une somme gigantesque. Tout augmente donc, la facture sera salée. En plus, le boul. Mgr-Langlois à Salaberry-de-Valleyfield devra aussi être refait au complet, car son état se sera complètement détérioré. »

Afin d’imager les propos de Daniel Beaulieu, VIVA média a réalisé une projection avec la somme de 800 M$. Lors de la fin de l’entente, le 14 décembre 2042, entre Québec et A30 Express, le montant de 800 M$ sera, selon l’inflation, l’équivalent de 1,578,869,208.90 $.

Pour le fondateur de l’Heure juste du camionneur, la hausse du tarif annoncée est désolante, mais non comparable avec l’autre péage en vigueur au Québec. « Au moins ce n’est pas comme le péage de l’autoroute 25. Celui-là, c’est le comble. Si tu passes là pendant les heures de pointe, c’est plus cher. »

Toujours selon M. Beaulieu, plusieurs compagnies de transports utilisent le poste de péage de l’autoroute 30, même si cela représentera dès le 1er février 2019, des frais de 1 $ le passage pour un camion de 53 pieds. « Tous les camionneurs veulent éviter de devoir passer par Montréal, assure Daniel Beaulieu. C’est vrai que le péage est déductible d’impôts à 100 %. Mais, c’est énormément de gestion. Ça prend pratiquement un employé à temps plein juste pour cela. Également, il ne faut pas croire que les clients ne le paient pas. C’est dans le prix des livraisons. »

Daniel Beaulieu insiste sur le fait que Québec doit racheter immédiatement le contrat le liant avec A30 Express. (Photo Facebook)

Dès 2020, il sera impossible de prétendre que les camionneurs évitent le poste de péage de l’autoroute 30 pour éviter de laisser une trace. « Nous aurons tous un livre de bord électronique, confirme Daniel Beaulieu. Présentement, l’industrie du camionnage est prise avec des coûts d’assurance faramineux. Le péage est le dernier des soucis. C’est une couche qui se rajoute. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

Laisser un commentaire