Hydro-Québec est l’un des importants joueurs lorsque survient la crue des eaux. Pour 2019, la société d’État se dit optimiste, mais se garde tout de même une réserve sur les pronostics.

En 2017, une série de contextes néfastes ont mené à une inondation historique (Photothèque)

Les précipitations reçues au cours de l’hiver 2018-2019 ne seraient pas plus importantes que par les années passées, selon la conseillère aux relations avec le milieu chez Hydro-Québec Marie-France Barrette. « Le couvert de neige au sol ne représente que 40 % de l’eau qui s’écoule dans nos rivières pendant la crue printanière, explique Mme Barrette.  Le couvert de neige actuel se compare à ceux que l’on retrouvait en 2016, 2017 et 2018. Peu de gens se souviennent des crues 2016 et 2018. Il est encore très tôt pour se prononcer sur ce que sera la crue printanière 2019 sur le bassin de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent. »

Jamais trop préparé

Marie-France Barrette insiste sur le fait qu’une municipalité n’est jamais trop prête lorsque survient une inondation.  « C’est évident qu’il n’y a rien de mieux que la planification, mentionne la conseillère. Autant pour les citoyens, les municipalités et même pour nous. Chaque année, Hydro-Québec effectue une planification rigoureuse de la crue afin de minimiser les impacts. Nous vidons nos réservoirs situés au nord de l’Outaouais pendant l’hiver pour qu’ils puissent accumuler le maximum d’eau pendant la crue. Nous relâchons cette eau après la crue, lorsque les niveaux redescendent. Les réservoirs et la gestion intégrée des rivières permettent de réduire la sévérité des crues. Sans cette  méthode, le niveau du lac des Deux-Montagnes aurait été plus élevé de près d’un mètre en 2017. »

La centrale de Carillon est une centrale au fil de l’eau, qui n’a pas de capacité d’emmagasiner l’eau. (Photothèque)

Marie-France Barrette croit qu’il est important de rassurer la population pour la crue des eaux 2019. « Cette année, la neige a commencé à fondre lentement, dit-elle. Il faudrait être excessivement malchanceux pour revivre un événement comme en 2017. Il faut préciser que le couvert de neige au sol ne représente que 40 % de l’eau qui s’écoule dans nos rivières pendant la crue printanière. En 2017, une série de contextes néfastes ont mené à une inondation historique. Le printemps très tardif, peu de fonte des neiges avant la fin avril, suivi de deux systèmes dépressionnaires qui ont laissé, en quelques jours, des précipitations équivalentes à ce que la région reçoit normalement en deux mois. »

Lorsqu’elle fait allusion à la régularisation de la rivière des Outaouais, Mme Barrette indique qu’il n’y a seulement que 40 % de l’eau qui circule dans le bassin hydrographique de la rivière des Outaouais qui est régularisée.  Que 60 % de l’eau de la crue s’écoule donc librement, sans passer par les installations d’Hydro-Québec. Rappelons que la centrale de Carillon est une centrale au fil de l’eau, qui n’a pas de capacité d’emmagasiner l’eau.

Finalement, il est important de préciser qu’Hydro-Québec est l’un des partenaires impliqué dans la gestion intégrée de la rivière des Outaouais (Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais), aux côtés des gouvernements du Québec, du Canada, de l’Ontario, la Garde Côtière canadienne, Ontario Power Generation et Environnement Canada. Créé en 1983, ce comité assure une gestion intégrée du système hydrique pour apporter un soulagement contre les inondations.

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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