Des citoyens réclament le branchement à internet haute vitesse | VIVA MÉDIA Skip to main content

Pendant que certains parlent de la prochaine fête de quartier ou encore des prochaines décorations de Noël qui illumineront leur maison, les citoyens du rang Saint-Antoine à Vaudreuil-Dorion ont une autre forme de discussion. Ils se questionnent à savoir quand ils auront enfin accès à internet haute vitesse.

Si le télétravail est impossible pour les résidents du rang Saint-Antoine à Vaudreuil-Dorion, il en est de même pour l’école à la maison. Les parents ont été dans l’obligation de payer très cher pour avoir un semblant d’internet, mais les deux enfants ne pouvaient être branchés en même temps puisque même en payant cher, la connexion était trop faible.

(Photothèque)

Julien Lemieux fait partie des citoyens qui désirent avoir accès à internet haute vitesse. Si pour la majorité des gens avoir accès à une connexion haute vitesse est une normalité, pour M. Lemieux c’est un souhait. Sa réalité, il la partage avec les 66 maisons du rang.

« Bell et Vidéotron ne sont pas intéressés à investir afin de nous permettre d’avoir accès à internet haute vitesse, indique Julien Lemieux. La problématique serait que nos maisons sont trop distancées. Ça coûterait trop cher de fils. Notre seule option est un accès internet à très faible débit pour plus de 120 $ par mois. C’est le genre de connexion qui ne permet même pas de téléchargement tellement c’est faible. »

Télétravail et école à la maison

Julien Lemieux explique que le télétravail n’est pas une option dans son cas. « Pour travailler de la maison, c’est impossible. Je dois aller chez mes parents à Saint-Lazare afin d’avoir accès à une connexion convenable. »

Si le télétravail est impossible pour les résidents du rang, il en est de même pour l’école à la maison. « À deux maisons de chez moi, il y a une famille avec deux enfants. Les parents ont été dans l’obligation de payer très cher pour avoir un semblant d’internet, mais les deux enfants ne pouvaient être branchés en même temps puisque même en payant cher, la connexion était trop faible. »

Myriam Felx, également résidente du rang Saint-Antoine à Vaudreuil-Dorion corrobore les propos de M. Lemieux. « J’avais internet par satellite, dit-elle. Or, comme nous ne pouvions même pas télécharger une application puisque la connexion était trop faible, nous l’avons fait débrancher. »

M. Lemieux et Mme Felx insistent sur le fait que plusieurs jeunes familles se sont portées acquéreurs de résidences sur le rang Saint-Antoine ces dernières années. Que le fait de ne pas avoir accès à internet haute vitesse est réellement un casse-tête. D’ailleurs, ils multiplient les démarches afin d’avoir accès à ce service auprès des élus.

« Tous se lancent la balle, dit Mme Felx. Le fédéral et le provincial ne travaillent pas ensemble du tout sur ce dossier. On se fait dire que la pandémie compliquait le branchement. Pourtant internet existait avant et nous n’étions pas branchés. »

La Ville demande au gouvernement d’accélérer le branchement

Du côté de la Ville de Vaudreuil-Dorion, le maire Guy Pilon se disait récemment bien conscient de la problématique. D’ailleurs, le conseil municipal de la Ville a adopté en mars dernier une résolution afin d’appuyer la MRC de Vaudreuil-Soulanges dans ses démarches exhortant les gouvernements à tout mettre en œuvre pour accélérer le processus de branchement.

« Ce n’est pas normal en 2021 que des citoyens n’aient pas accès à internet haute vitesse, déclarait Guy Pilon en mars 2021. Vaudreuil-Dorion est située à moins 30 km de la plus grande ville du Québec, et pourtant, environ 50 résidences n’ont pas la possibilité d’obtenir des services de télécommunications efficaces. L’accès à internet haute vitesse est une nécessité afin que les étudiants suivent leurs cours à distance et que les travailleurs occupent leur emploi de la maison. »

Marie-Claude Nichols surprise

La députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols se dit étonnée par cette situation. Mais, Mme Nichols admet que les résidents concernés ne l’ont pas contactée. Toujours selon la députée, Québec va à l’encontre de sa promesse électorale. « Lors de la dernière campagne électorale, la CAQ promettait de brancher l’ensemble des Québécois à internet haute vitesse. La distance entre les maisons n’est pas un critère pour ne pas brancher ces personnes. Ces 66 résidences sont bel et bien au Québec. Il y a eu des représentations de faites et j’ai même vu le plan qui était pour être déployé pour le branchement. »

Peter Schiefke assure que les efforts de branchement sont réels

 Le député de Vaudreuil-Soulanges, Peter Schiefke assure que le gouvernement croit fermement que les réseaux numériques modernes à haut débit devraient être accessibles à tous, peu importe le lieu où ils vivent, travaillent ou se divertissent.

 M. Schiefke n’hésite pas pour confirmer que depuis 2015, que le fédéral a investi 6,2 milliards de dollars pour croître la large bande universelle. « La pandémie a souligné l’importance de l’Internet haute vitesse dans nos vies quotidiennes. Partout à travers Vaudreuil-Soulanges, les gens, vieux comme jeunes, se sont tournés vers l’Internet pour faire leur emploi, leur étude et même leur magasinage. Reconnaissant l’urgence de cette problématique, nous avons investi un financement supplémentaire de 1 milliard de dollars sur six ans à compter de 2021-2022 au Fonds pour la large bande universelle, afin de soutenir l’accélération du déploiement de projets de large bande. »

 Depuis les 18 derniers mois, le bureau du député Schiefke a reçu des douzaines d’appels et de courriels en lien avec la problématique de l’internet haute vitesse dans Vaudreuil-Soulanges. « J’ai eu des discussions franches sur les rétroactions et nécessités liées à cette problématique. Nous avons encouragé tous les citoyens qui furent touchés d’envoyer leur rétroaction des fournisseurs de services Internet à Innovation, Science et Développement économique Canada. Ce dernier utilise ces données pour s’attaquer au problème et cibler les endroits qui ont besoin d’aide. De plus, j’ai contacté plusieurs municipalités au début de la pandémie pour conférer sur l’accessibilité de l’Internet et de l’option d’ouvrir les bibliothèques municipales pour offrir un service de connectivité gratuitement. »

 Le député Schiefke précise que la stratégie et les investissements faits par Ottawa visent non seulement l’accélération de la création d’infrastructure et de la vitesse même de l’Internet, mais aussi la connexion concrète de résidences et d’entreprises canadiennes aux réseaux de large bande.

 « Pour réussir dans les plus brefs délais, nous travaillons de concert avec le gouvernement provincial ainsi que les fournisseurs en question. Puisque ce dossier est au plus haut des priorités provinciale et fédérale, le gouvernement du Canada et du Québec ont établi Opération haute vitesse Canada-Québec. Cette dernière vise à connecter 150 000 foyers québécois d’ici septembre 2022, à moins qu’il y ait des délais au niveau des fournisseurs. Ce montant s’ajoute au branchement de 66 000 foyers couverts par d’autres programmes de nos deux niveaux de gouvernement. Ainsi, dans moins d’un an, il restera juste 36 000 foyers à brancher, ce qui représente environ 1% des demeures dans notre province. Il m’est impossible de dire quand un secteur spécifique sera connecté en raison des nombreux partenaires impliqués dans ce projet. Or, je veux souligner que nous travaillons tous pour nous assurer que ce service des plus essentiel sera offert dès que possible. »

 

Steve Sauvé

Journaliste

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