L’annonce du gouvernement Trudeau de son projet de loi sur le contrôle des armes à feu de poing C-21 a fait réagir les municipalités de la région et de tout le Québec. Le fait de laisser les villes et les municipalités décider si elles bannissent ou non ce type d’armes ne passe pas.

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Patrick Lemieux, conseiller aux communications à l’union des municipalités du Québec (UMQ), ne comprend pas la décision du gouvernement fédéral.

« C’est absurde qu’Ottawa nous transfère le contrôle des armes à feu, mentionne-t-il. Cela laisse trop de place à interprétation et les municipalités sont laissées à elles-mêmes. Nous ne pouvons accepter ce projet de loi dans sa forme actuelle. »

M. Lemieux précise que l’UMQ n’est pas contre la loi en tant que telle. Il est d’accord qu’il faut bannir les armes de poing, afin de réduire la criminalité. Cependant, il ne voit pas comment les municipalités peuvent jouer un rôle de premier plan dans la lutte aux armes de poing sans direction et accompagnement clair du fédéral.

 

Vaudreuil-Soulanges se positionne

La décision de l’UMQ de remettre en doute le projet C-21 a été rapportée au préfet de Vaudreuil-Soulanges et maire de Rivière-Beaudette Patrick Bousez. Celui-ci appuie la sortie de l’UMQ et ne croit pas que ce soit aux municipalités ou aux villes à gérer un fardeau aussi grand.

« C’est assez clair pour moi, lance le préfet. Les municipalités n’ont tout simplement pas les ressources financières, matérielles et humaines pour gérer un aussi gros dossier. C’est de compétence fédérale les armes à feu et le gouvernement a tous les outils en main pour mettre de l’avant son projet lui-même. »

Le maire de Rivière-Beaudette a tenu à préciser que le projet de loi est un pas dans la bonne direction.

« Tout projet qui vient mieux encadrer les armes à feu nous amène dans la bonne direction », affirme-t-il.

Il se questionne toutefois sur la portée de cette loi dans la lutte contre la criminalité dans les grandes villes comme Montréal et Toronto. Le préfet souligne qu’il aimerait des actions sur la vente d’arme illégale.

« Ce n’est pas le monsieur ou la madame qui a une arme de poing à la maison qui font augmenter la criminalité dans les grandes villes, dit-il. Ce sont les gangs de rue et le crime organisé. Il faut s’attaquer à cela. »

 

À l’écoute des revendications

Nous avons questionné le député de Vaudreuil et membre du gouvernement Peter Schiefke sur les revendications de l’UMQ et de la région.

Le député libéral mentionne que ce projet de loi s’attaque à un problème complexe dans un pays vaste. Donc, le projet de loi est plus large afin d’aider le plus possible dans toutes les régions.

« Dans la mouture actuelle du projet de loi, chaque municipalité pourra décider si elle interdit les armes de poing sur son territoire ou non, lance M. Schiefke. Le gouvernement fédéral sera là pour épauler les administrations municipales financièrement. Nous avons un programme de plus de 50 millions de dollars prévu à cet effet. »

Le député de Vaudreuil croit que le projet a sa place et qu’il va assez loin compte tenu des mesures que le gouvernement prend depuis plusieurs années. Il explique que le fédéral a injecté de grandes sommes d’argent pour le renforcement de la détection d’arme à la frontière. Il donne comme exemple les 30 millions de dollars au collège des douanes de Rigaud pour la formation de chien détecteur.

Concernant le flou entourant le projet de loi C-21 et la création de règles claires pour le bannissement des armes de poing, M. Schiefke se dit à l’écoute de la population et des villes de sa circonscription. Il rapportera les inquiétudes des citoyens à Ottawa.

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