La cause de David-Brett Normandeau était de retour au palais de justice de Valleyfield le mercredi 12 août.

David-Brett Normandeau a été reconnu coupable de voie de fait ayant causé des lésions à un bébé de 17 jours. (Photothèque)

La cause de l’homme de 27 ans qui a été reconnu coupable de voie de fait ayant causé des lésions sur une victime âgée de 17 jours était prévue pour sentence sur le rôle des comparutions. Cependant, la procédure a commencé sur une autre note.

Requête de récusation

L’avocat de David-Brett Normandeau, Me Francis Cloutier, a plutôt présenté une requête en récusation. Le juriste a indiqué avoir appris que le juge de la cause, l’honorable Joey Dubois pouvait se trouver en conflit d’intérêts puisqu’un oncle par alliance de David-Brett Normandeau était également un oncle éloigné par alliance de la conjointe du juge Dubois. Après s’être retiré pour une courte délibération, le magistrat est revenu en salle 1 pour indiquer qu’il rejetait la requête.

Avant que les juristes commencent les plaidoiries, la défense a déposé plusieurs lettres en soutien écrites par l’entourage de David-Brett Normandeau, elle a fait témoigner sa conjointe et il a lui-même été appelé à la barre.

« Depuis les événements, il a beaucoup changé, expose dit la dame. La médiatisation du dossier a eu des impacts importants sur nous. Nous avons reçu des menaces. Nous ne sortions plus de la maison. Brett a porté une casquette pendant près de 2 mois pour ne pas se faire reconnaitre. Il a eu des idées sombres également. »

De son côté, David-Brett Normandeau a éclaté en sanglots lorsqu’il a témoigné. Il a lui aussi insisté sur les impacts sur sa vie qu’a eue la mise en accusation et le déroulement de la procédure judiciaire.

Sentence

La représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales dans ce dossier, Me Mylène Brown s’est avouée fâchée par les lettres déposées. « Personne ne demande des nouvelles de l’enfant. C’est triste », explique Me Brown.

Dans sa représentation, Me Brown expose qu’une peine de détention de 15 à 18 mois assortie de plusieurs conditions lors de sa libération est de mise.

« Je ne peux passer sous silence les facteurs aggravants de la cause, mentionne Me Brown. On parle d’une victime de 17 jours, l’absence de remords de M. Normandeau. L’état général du bébé lors de son arrivée à l’hôpital démontrait des abus sévères. Il a eu le fémur cassé. Les experts ont dit que c’est le plus solide du corps. »

L’avocat de David-Brett Normandeau a tenu un discours à l’opposé de sa collègue. « Mon client a des remords chaque jour, dit Me Cloutier. Il est faux de prétendre qu’il ne pense pas à l’enfant. M. Normandeau a voulu un procès. Le Tribunal ne peut pas lui en vouloir. Présentement, nous avons déposé une demande en Cour d’appel, mais ceci aussi est son droit. On parle d’un actif pour la société qui depuis 8 ans respecte ses conditions de remise en liberté. Il a vieilli depuis les faits. Il a progressé et il est prêt à accepter l’aide possible. Pour lui, sa sentence est commencée depuis longtemps. »

Me Cloutier a proposé une peine d’emprisonnement de 90 jours à purger de façon discontinuée, à une période de probation avec des suivis et à l’exécuter 240 heures de travail compensatoire.

Le juge Dubois fera connaitre sa décision le mardi 13 octobre.

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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