Un mandat d’arrestation provincial a été émis par le juge Joey Dubois afin de retrouver Patrick Russell, un individu ayant plaidé coupable à une fraude de 998 000 $.

Lors des représentations sur sentence, le procureur dans le dossier, Me Patrick Cardinal et l’avocat de l’accusé, Me Jacques Vinet, se sont présentés devant le juge. Cependant, un grand absent manquait à l’appel. Patrick Russell n’a pas jugé bon de se présenter devant la Cour.

En octobre 2020, l’homme de 50 ans de Saint-Zotique a reconnu avoir floué sa victime pour une somme de 998 000 $. Patrick Russell est loin d’en être à son premier délit. Lorsqu’il a commis sa fraude, il venait d’être libéré du pénitencier à la suite d’une peine d’incarcération pour du trafic de stupéfiants et d’avoir tenu une maison de débauche. Cependant, cela ne l’a pas empêché, entre les mois d’avril et juin 2019, de monter un stratagème afin de mettre la main sur 448 000 $ et de passer bien près de toucher le double. Par chance pour la victime, qui est aussi la personne-ressource de Patrick Russell dans le cadre de sa libération conditionnelle, son institution financière a gelé un chèque de 500 000 $ que Russell tentait de déposer. C’est justement lors d’une rencontre entre la victime et l’agent des libérations conditionnelles que la situation a été découverte.

Avide et sans scrupule

Dans un premier temps, Patrick Russell, a obtenu une somme de 230 000 $ de sa victime. Il aurait prétendu que l’argent lui servirait à toucher une somme de 1 700 000 $ provenant d’un héritage. Par la suite, il est parvenu à remettre la main sur une somme encore plus importante. Cette fois, il prétendait que celle-ci était pour régler une poursuite en lien avec la compagnie d’assurance de sa défunte mère. Plutôt que de faire les démarches prétendues, Patrick Russell se serait acheté, un camion de luxe, un bateau et deux motos.

Risque de récidive élevé

Le rapport présentenciel présenté est sans équivoque. Patrick Russell représente un risque de récidive élevé. D’ailleurs, il est indiqué dans ce dernier que l’individu a tenté à plusieurs reprises d’avoir un billet médical de son médecin afin de ne pas avoir à se présenter devant la Cour.

« L’utilisation qu’a faite le contrevenant des fonds monétaires ayant été mis à sa disposition tend à démontrer qu’il n’a pas agi par nécessité, mais plutôt par appât du gain et par avidité, le tout, en recherchant le moindre effort. Pour parvenir à ses fins, il n’a pas hésité à recourir au mensonge et à la manipulation dans l’optique de leurrer la victime, accroitre son emprise sur celle-ci et, ultimement, facilité les passages à l’acte », peut-on lire dans le rapport.

Toujours dans le document, Patrick Russell est décrit comme un homme peu crédible quant aux informations qu’il a transmis sur les changements qu’il dit avoir apportés à son mode de vie depuis son arrestation. « Sa remise en question face à sa conduite criminelle est inexistante, lui qui a peine à assumer sa responsabilité, en choisissant plutôt de se positionner en tant que victime. D’ailleurs, sa tendance à endosser ce rôle traduit bien l’absence de sentiment de culpabilité et d’empathie à l’endroit de la victime, ainsi que l’absence de l’impact dissuasif du système judiciaire », peut-on également apprendre dans le rapport.

Compte tenu de la gradation des peines d’incarcération et du type de délit pour lequel il a reconnu sa culpabilité, Patrick Russell pourrait se voir imposer une peine de détention de pénitencier.

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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