Depuis 82 ans, les Régates de Valleyfield sont un incontournable dans la région. Pour la première fois de son histoire, l’évènement est annulé.

Comme un tremblement de terre, cette pandémie cause des dommages collatéraux au-delà de ce qu’il est possible de voir actuellement. Évènements d’envergure, festivals, fêtes communautaires, activités diverses, ont été annulés en rafale. La 82e édition des Régates de Valleyfield n’a pas échappé à ce raz-de-marée. Succinctement, l’évènement reconnu internationalement attire chaque année plus de 130 000 spectateurs.

 

Une telle organisation requiert l’aide de près de 355 bénévoles ainsi qu’une collaboration regroupant 125 partenaires d’affaires. Les retombées économiques annuelles de ces 3 jours de festivités sont de l’ordre de 5 millions de dollars. « Bien que jamais les organisateurs n’avaient eu à annuler les Régates, et ce, même durant les années de guerre durant lesquelles les compétitions moteurs ont été remplacées par des compétitions de rameurs, nous appuyons la décision du gouvernement dans ces circonstances exceptionnelles », a écrit le président des Régates, M. Didier-Bernard Séguin, sur le site officiel de l’organisation.

 

Des amateurs en peine

 

J’aurai 30 ans cet été et j’assiste aux Régates de Valleyfield depuis que j’ai un an. Petit, j’y allais avec mon père et mon grand-père et encore maintenant, nous y allons chaque année. Dans notre famille, c’est un incontournable. Mes enfants qui ont 3 et 6 ans sont déjà des adeptes de ce sport nautique. Les courses, nous en mangeons! C’est certain que ça va être étrange de ne pas voir la ville s’activer, se transformer et vibrer pendant 3 jours au son des moteurs. Ça nous fait de quoi, mais ce n’est rien en comparaison avec ceux qui en ce moment sont en deuil d’un de leur proche. Il faut relativiser, des gens meurent, des entreprises ferment, il y a des familles qui ont de la misère à se sortir la tête de l’eau. C’est certain que c’est triste et décevant, mais nous n’avons pas le choix », a souligné David Lemieux, un amateur des prestigieuses courses d’hydroplanes.

 

La Campivallensienne Mélanie Foisy assiste aux Régates depuis sa tendre enfance. Véritable mordue, la dame assiste aux Régates de Valleyfield, de Beauharnois, de Long Sault et de Brookville en Ontario. En fait, les courses d’hydroplanes sont le point tournant de ses étés, et ce depuis toujours. « Ce sera un été très plate et très long pour moi. Je ne pourrai pas voir personne de mes amis des Régates. Je pense déjà à mes prochaines Régates de l’an prochain! Comme un enfant, je compte mes journées ! Lorsque les Régates arrivent, je suis comme un enfant qui attend un précieux moment. J’ai tellement hâte », a souligné l’amatrice invétérée de courses.

 

 

Répercussions pour les commerçants

VIVA MÉDIA s’est entretenu avec une entreprise locale, qui lors des festivités, occupant un espace sur le site. L’entrepreneur nous a mentionné que bien qu’il se faisait un devoir de participer chaque année, l’annulation de l’évènement représente pour lui un certain répit. « Je préfère qu’on ne mentionne pas mon entreprise parce que je ne voudrais pas m’attirer la foudre des organisateurs, mais en toute confidentialité, c’est presque un soulagement en ce moment, si je parle pour mon cas à moi. C’est beaucoup d’organisation et les règles émises par le comité organisateur sont complexes. Louer l’espace est très dispendieux. Honnêtement, je ne sais pas pour les autres, mais moi je ne fais pas une fortune avec ça. Je suis au rendez-vous chaque année pour faire partie de la parade et ne pas la regarder passer et parce que j’aime cette promiscuité avec les festivaliers et que c’est une belle visibilité ».

 

Pour sa part, Suzanne Carrier propriétaire de la boutique de vêtements Femme ou Fille, affirme être inquiète pour la pérennité de son entreprise. « Je m’y attendais, mais je continuais tout de même à espérer qu’on n’en arriverait pas là. Il n’y a pas que l’annulation des Régates qui nous fait mal. Il y a aussi les mardis en musique et toutes les activités de Valleyfield, tout ce qui rend la rue Victoria vibrante. Tout dépendant du confinement, nous ne savons pas encore comment nous allons fonctionner. Ce qu’il faut savoir, c’est que la majorité des commerçants ont déjà reçu leurs marchandises d’été sans avoir la possibilité de la vendre. Nous allons perdre de l’argent, mais également une belle visibilité. Notre seule porte de survie est la fidélisation de notre clientèle et l’espérance qu’ils seront au rendez-vous le temps venu », a confié madame Carrier.

 

 

 

 

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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