Depuis le début de la pandémie qui sévit actuellement, les restaurateurs ont usé d’ingéniosité afin poursuivre leurs opérations. Malgré les restrictions auxquelles ils sont confrontés, ils tentent de garder la tête hors de l’eau en espérant pouvoir ouvrir leur salle à manger au public dans un avenir rapproché.

Antoine Fournier, copropriétaire du Bistrot Café Délice situé à Beauharnois, démontre assurément une attitude positive malgré les difficultés, les insécurités et la précarité qui affligent actuellement les restaurateurs. Accompagné d’une équipe résolue à traverser la tempête contre vents et marées, l’homme ne compte pas baisser les bras. Il est impensable de laisser une pandémie réduire au néant le fruit de tant d’années de labeur.

 

Établissements sécuritaires

 

Monsieur Fournier mentionne ne pas comprendre pourquoi les salles à manger ne sont pas considérées comme sécuritaires contrairement à d’autres établissements qu’il juge beaucoup plus propices à la transmission du virus compte tenu la proximité de la clientèle.

 

Photothèque

« Lorsque nous avons rouvert le 25 juin, nous étions extrêmement sécuritaires. Selon mes propres observations faites à l’épicerie, plusieurs personnes ne respectent pas deux mètres. Une personne se penche au-dessus d’une autre pour prendre quelque chose dans le présentoir, comme nous le faisons dans le bon vieux temps. À mon sens, les restaurants sont beaucoup plus sécuritaires que les Costco de ce monde. Lorsque les gens venaient au restaurant, nous leur désignons une table, les menus étaient toujours nettoyés entre chaque client. Nous désinfections régulièrement les zones utilisées par la clientèle. Nous ne mettions pas de poivre et de sel afin d’éviter toute possibilité que les gens puissent laisser une trace du virus. À mon sens, les restaurants étaient beaucoup plus sécuritaires que les magasins à grande surface.

 

Des employés inquiets ; une pénurie de main-d’œuvre à prévoir ?

 

Depuis la seconde annonce de la fermeture des salles à manger, Monsieur Fournier et sa conjointe ont dû réduire leur effectif aux trois quarts. Afin de permettre à tous leurs employés de travailler, ils ont mis en place un horaire de travail rotatif afin qu’ils puissent tous travailler. En cuisine, l’équipe est composée de Madame Lallier, d’un sous-chef et d’une employée. « Après ça, c’est d’être capable d’aller rechercher les employés que nous avons perdus. Pour plusieurs gens, la restauration était un avenu lucratif pour le temps travaillé. Présentement, il y a tellement d’incertitudes que je ne sais pas si les employés seront de nouveau au rendez-vous.

 

 

 

 

Refusant de se laisser abattre, Antoine Fournier fait preuve d’une résilience déconcertante. Malgré son optimiste qui le pousse à ne pas s’avouer vaincu, le restaurateur demeure préoccupé par la situation pandémique qui menace le domaine professionnel qu’il chérit.

 

« Au niveau personnel, nous finissons par l’accepter, mais au niveau professionnel, c’est très difficile. Le fait que nos salles à manger soient fermées pour la plus grosse période de l’année, cela nous cause tous des soucis financiers, il ne faut pas se le cacher. Valérie et moi sommes très présents au restaurant, nous tentons de réduire nos coûts et nos pertes, nous tentons de survivre. Nous avons également la chance d’avoir une équipe investie qui nous aide à porter tout cela à bout de bras. Nous avons également le privilège de pouvoir compter sur nos précieux clients qui nous soutiennent par leurs paroles, par leurs gestes et par leurs achats via le Take-out. Cela fait en sorte que notre résilience est plus facile et qui nous aident à passer au travers »

 

 

Je suis de nature combattive, je tente de voir ce que cette situation apporte de positif, mais je vous dirais que si en janvier, on nous annonce qu’il n’y aura pas de réouverture avant juillet ou septembre, il faudra malheureusement que nous songions à nous diriger vers autre chose, mais d’ici là, nous gardons le moral et lorsqu’on se présente pour le Take-out, nous le faisons avec le sourire ».

 

Monsieur Fournier conclut en se disant inquiet pour les autres restaurateurs. « Je trouve ça extrêmement triste de voir des gens comme nous, qui investissement financièrement, physiquement et mentalement et qu’ils n’auront pas la chance de survivre. Valérie et moi sommes actifs depuis 9 ans dans la région, nous avons la chance de pouvoir nous tourner vers le résultat du travail des dernières années et du fait que nous sommes implantés dans la communauté. C’est ce que je souhaiterais à tous mes collègues restaurateurs, mais je sais que malheureusement, certains n’auront pas cette chance-là. Certains débutent dans le domaine ou n’ont pas la même implication à l’intérieur de leur entreprise. C’est certain que c’est très triste ».

 

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

Laisser un commentaire