Qui a envie d’aller travailler en ne sachant pas s’il sera agressé? Pourtant, c’est la réalité pour les travailleurs de la santé.

Chaque jour, des agressions surviennent envers des travailleurs de la santé.(Photothèque)

Chaque jour, des infirmières, préposés aux bénéficiaires, médecins et autres, se rendre au travail en espérant ne pas subir de gestes de violence. Que ce soit de la part des patients qui souffrent de démence ou bien venant des gens qui se présentent à l’urgence en étant fortement désorganisés, les travailleurs de la santé sont régulièrement victimes de gestes de violence.

Sous le couvert de l’anonymat, un travailleur du domaine de la santé accepte de se confier. « Il y a quelques années, on se faisait cracher dessus et insulter, explique l’infirmier. Maintenant, les agressions physiques sont des choses courantes. C’est sans compter les avances sexuelles que reçoit le personnel féminin. Parfois, ça va même jusqu’au touché. Ce n’est rien pour donner envie de travailler. »

Banalisation

En plus de devoir composer avec des patients agressifs, le travailleur de la santé dénonce le fait que la violence que subi le personnel est malheureusement désormais banalisée. « C’est comme s’il y avait une inscription sur les portes de l’hôpital qui indique que ce qui est socialement inacceptable est permis dans les hôpitaux et les CHSLD, dit l’homme qui explique avoir reçu des coups et des menaces à plusieurs reprises. Parfois, en plus de devoir gérer un patient, nous devons aussi composer avec les commentaires des membres de la famille. J’ai déjà vu une famille qui menaçait une préposée de la faire congédier ou de la poursuivre car le patient n’était pas habillé comme ils le souhaitaient. »

Contentions

La vice-présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Montérégie Ouest, Vanessa Léger, confirme la problématique tout en précisant avoir elle-même été victime de gestes de violence. « Nous n’avons pas de chiffre, mais nous pouvons confirmer que depuis la demande du ministère de réduire de façon considérable les contentions chimiques et physiques, qu’il y a eu une recrudescence de la violence envers nos membres », fait savoir Mme Léger.

Vanessa Léger indique que des comités ont été créés afin de trouver des solutions à la problématique. « Dans les centres d’hébergement, il y a beaucoup de patients qui sont atteints de troubles cognitifs. Lorsque les gestes de violence deviennent récurrents, les équipes tentent de trouver des solutions. Malheureusement, il ne se passe pas une journée sans qu’il n’arrive rien. Il faut trouver des solutions et surtout, ne pas banaliser la réalité. Trop souvent les gens ne dénoncent pas, car la douleur n’a pas été élevée. »

Mme Léger confirme également que les agressions ne sont pas que physiques. Régulièrement, il est question d’agression à caractère sexuel ou verbal. « Des travailleuses se font toucher les parties génitales par les patients lorsqu’elles prodiguent des soins. Les injures sont aussi de façon régulière. À un certain moment, une patiente traitait continuellement une préposée de « grosse vache ». Cela a duré plusieurs mois. À un certain moment, cela a affecté la préposée. »

Formations

En plus de devoir faire des études en soins, les travailleurs qui oeuvrent dans les salles d’urgence doivent aussi suivre une formation spéciale.
« Les travailleurs ont une formation afin de reconnaitre les signes qui peuvent mener à la violence. Également, une formation pour maitriser un patient est donnée ainsi qu’une formation dans le but de se défaire de l’emprise d’une personne. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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