Plus les jours passent et plus le manque de main-d’œuvre est frappant à l’Hôpital du Suroît. Le lundi 9 août, trois sit-in ont eu lieu sur le quart de travail de nuit. Les infirmières sont à bout. Plusieurs songent à démissionner dès cette semaine.

Les infirmières et infirmières auxiliaires à l’Hôpital du Suroît sont à bout de souffle. L’équipe du 8e étage, celle du 2b et celle du complexe c ont proposé à l’employeur de fermer l’hôpital ou d’avoir recours à des militaires. Tout cela lors de la première journée en poste du nouveau président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie Ouest (CISSSMO) Philippe Gribeauval.

Une infirmière dont l’identité doit être confidentielle puisqu’elle s’exposerait à une suspension explique que sur le quart de travail de jour, le dimanche 8 août, les travailleurs en santé ont refusé de travailler puisque le manque de personnel était trop important. « Il manque de monde sur tous les quarts, et ce, toute la semaine. Ce n’est pas un problème uniquement les fins de semaine. Nos conditions vont en diminuant. »

Des pions

Selon les professionnels en soin, la direction doit cesser de considérer les travailleurs comme des pions en les déplaçant sans arrêt. « Les gars de la construction n’accepteraient pas qu’un plombier fasse la job de menuisier. C’est la même chose pour nous. »

Une telle charge de travail finit par épuiser le personnel en place. « Nous sommes épuisés et il n’y a plus personne qui a du plaisir à travailler. Ce n’est pas normal qu’une équipe s’appuie sur des infirmières auxiliaires. Souvent, ces dernières n’ont pas voulu être infirmières pour justement ne pas avoir cette pression. »

Elle démissionne

La présidente du syndicat des professionnels en soins de la Montérégie-Ouest, Mélanie Gignac explique que 72 lits ont été fermés à l’Hôpital du Suroît, mais que la situation ne s’améliore pas. « Les gens en santé ont atteint le point de rupture, confirme Mme Gignac. Les conditions de travail ne sont pas acceptables. Pour donner une idée, une infirmière s’est vue dans l’obligation d’effectuer du temps supplémentaire il y a quelques jours. Elle s’est opposée, mais elle s’est fait dire qu’elle était obligée. Devant ce fait, elle a démissionné sur-le-champ et elle est partie. »

Invité à commenter la situation, le député de Beauharnois, Claude Reid dit trouver la situation préoccupante et invite la population à éviter de se présenter à l’urgence si cela est possible.

Le CISSSMO bien au fait de la réalité

En lien avec la situation difficile qui s’est déroulée le lundi 9 août à l’Hôpital du Suroît (3 sits-in), le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) indique que la situation est prise au sérieux.

Jade St-Jean, conseillère-cadre aux communications externes, relations médias et ministérielles au CISSSMO, explique que, comme partout au Québec, la situation est difficile dans les hôpitaux du CISSS de la Montérégie-Ouest en raison des enjeux de main-d’œuvre majeurs conjugués avec la période estivale alors que plusieurs infirmières prennent des vacances amplement méritées.

« Il y a effectivement eu 2 sit-in hier soir et la direction générale a été mobilisée jusqu’à tard dans la nuit afin de trouver différentes solutions afin de réduire la pression sur les équipes et d’accroître la sécurité pour les patients, mentionne Mme St-Jean. Des actions pour améliorer la fluidité sont aussi mises en place. »

Jade St-Jean fait allusion au fait notamment que les transferts de patients qui ont terminé leur épisode de soins aigus vers plusieurs des CHSLD dont la capacité, a été augmentée. « Encore une fois, il faut souligner la mobilisation de l’ensemble des secteurs du CISSS de la Montérégie-Ouest alors que plusieurs gestionnaires et directeurs vont prêter main-forte sur le terrain. »

Pour ce qui est de la situation de main-d’œuvre, cette dernière demeurera particulièrement difficile pour les prochaines semaines et c’est pourquoi le CISSSMO rappelle à la population de privilégier si possible les alternatives à l’urgence telles que le médecin de famille, les médecins en groupe de médecine familiale, le pharmacien, etc.

 

 

 

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

Un commentaire

  • Avatar Nathalie Martin dit :

    Cest bien pire que juste une situation préoccupante…je considère que souvent, la sécurité des patienrs et même du personnel sont en danger a cause de la mauvaise gestion.. il faut que cette loi du silence finisse… le personnel a peur de dénoncer ces situations car on nous menace de sanctions disciplinaires si on parle contre lemployeur…je ne sais pas ou ils ont pogné 2 sit in… mais il y en avait bien 3… les dirigeants essaient de minimiser la problématique… quand ty es rendu a te dire que tu as peur quun patient décède car on manque de personne pour bien faire notre travail.. quand on a le mal de ventre par peur qu’il arrive quelque chose durant notre quart de travail car on sait très bien que ce sera nous qui seront blâmé sil arrive quelque chose de grave..

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