Près de 25 travailleurs de l’hôpital du Suroît, situé à Salaberry-de-Valleyfield, ont été placés en quarantaine après avoir été en contact avec un patient atteint de la Covid-19.

Un patient hospitaliser au 8e étage a commencé à avoir des symptômes de la Covid-19 le lundi 20 avril. Le patient, qui était hospitalisé depuis près d’une semaine, a alors été transféré d’étage pour être isolé et un test de dépistage a été effectué. Le résultat a été connu deux jours plus tard.

Devant la situation, les membres du personnel qui ont eu des contacts avec l’individu ont été placés en arrêt de travail. « Lorsque le résultat a été connu, nous avons été placés en quarantaine, dit un travailleur qui demande l’anonymat par peur de sanction. C’est épeurant. Là, il y a des travailleurs qui commencent à avoir des symptômes. Une personne a déjà eu un résultat positif et une autre est en attente. »

Les gens rencontrés par VIVA-MÉDIA sont unanimes. En plus d’être surchargé, le personnel de la santé n’est pas suffisamment protégé. « Avec ce que nous vivons en ce moment, je peux confirmer que les anges gardiens ont perdu leurs ailes, dit notre interlocuteur. Pour donner un exemple, les filles de jours devaient porter des lunettes, mais ce n’était pas le cas pour les filles de nuit. Elles ont uniquement un masque. Là, les lunettes sont arrivées. Cependant, il est visiblement trop tard. »

Où est la relève

Avec la pandémie, les travailleurs de la santé sont excessivement sollicités. « Nous sommes conscients qu’il faut le faire et que nous aurons d’autres cas de la Covid-19. Mais certains d’entre nous commencent à tomber au combat. Là, ça prend de l’aide. Où sont les finissants en soins de santé et les retraités? Nous savons tous que c’est une période difficile et nous sommes prêtes à contribuer, mais nous avons nous aussi des familles à protéger et même notre santé. Si nous sommes tous en quarantaine, qui prendra soin des patients? »

Arrêté ministériel

Les travailleurs du domaine de la santé ont vu leurs conditions de travail modifiées à la suite de l’arrêté ministériel 2020-007. Ainsi, toutes les périodes de vacances ont été annulées. Il est mentionné à l’arrêté ministériel que suivant l’annulation des vacances, la personne salariée actuellement en vacances ou ayant une période de vacances planifiée, se voit automatiquement monnayer à 50 % de celle-ci à taux simple, sans possibilité de report. Quant à l’autre 50 % de ses vacances en cours ou planifiées, la personne salariée se voit offrir la possibilité de reporter cette période à une date ultérieure ou de monnayer à taux simple cette période de vacances.

Rehaussement

Toujours dans l’arrêté ministériel, il est question de rehaussement des postes à temps plein. Ainsi, les infirmières, infirmières auxiliaires et les préposées aux bénéficiaires qui occupent des postes à temps partiel ont l’obligation d’être disponible à temps plein.

« C’est inquiétant. Nous avons été avisés que nous devons nous attendre à nous faire déplacer. Nous pouvons être appelés à travailler sur tout le territoire. Nous travaillons à Salaberry-de-Valleyfield, mais nous pouvons être réaffectés à Châteauguay, Vaudreuil-Dorion, Beauharnois, et Ormstown. Nous n’avons rien à dire. Nous avons l’obligation d’y aller. »

La FIQ réagit

Du côté de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), la présidente Nancy Bédard indique que la fatigue, le stress de travailler sans équipement de protection adéquat, le chamboulement constant des horaires, les nouvelles affectations données à la dernière minute sans formation ni expérience adéquate, sans oublier les pressions sur la vie familiale pèsent extrêmement lourd.

« Ça fait longtemps que nous disons que le système de la santé ne fonctionnait pas, explique Mme Bédard dans une entrevue avec le Devoir. Nos membres répondent toujours présents, mais ce sont des humains et non des machines. Pendant que la majorité des gens sont en télétravail à la maison, les travailleurs de la santé sont au combat depuis le début avec des familles. C’est quasiment surhumain ce qu’on leur demande. »

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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