L’entreprise allemande Schäfer et les travailleurs d’acier ne sont pas à inviter ensemble à une fête. La relation de travail est excessivement tendue à la suite du licenciement de 101 travailleurs sur le chantier du futur centre de distribution de Ikea à Beauharnois.

Les congédiements se sont déroulés au moyen d’appels téléphoniques le lundi 13 mai. Les travailleurs ont donc eu l’obligation de se présenter le lendemain afin de récupérer leurs effets personnels.

Le chantier est sous la responsabilité de l’entreprise Broccolini. Toutefois, cette dernière a confié la main-d’œuvre à la compagnie Schäfer qui a son tour, en a fait de même à l’entreprise CNC mécanique puisque l’entente avec les travailleurs et la firme allemande était devenue excessivement difficile.

« Schäfer n’a aucun respect envers les travailleurs, martèle Sylvain Boivin, représentant syndical pour les monteurs d’acier local 711. Lorsque nous avons commencé ici, il n’y avait même pas d’interprètes. On ne parvenait pas à communiquer convenablement avec les représentants de Schäfer. »

Selon les dires du représentant syndical, la direction de Schäfer se prendrait pour le maitre d’œuvre du chantier, et ce même si l’entreprise allemande agit comme sous-traitant dans le présent contrat. « Ça crée une confusion, déplore-t-il. Au niveau de la sécurité, c’est Broccolini. C’est lui qui a préséance sur son chantier. De source sûre, nous avons appris que Schäfer tentait de recruter des gens sans carte de compétence et non syndiqués. Pourtant, la Loi R-20 pour les travaux assujettis est claire. Ça prend des cartes pour travailler. Mais visiblement, Schäfer se fout des lois en vigueur au Québec. »

Ikea

Sylvain Boivin explique que les travailleurs sont limités dans leurs moyens de revendication. « Nous n’avons pas le droit de ralentir les travaux, fait savoir M. Boivin. Nous n’avons pas le droit de déclencher une grève. Notre seule option est de manifester et c’est ce que font les travailleurs qui ont été licenciés. Présentement, nous mettons de la pression sur Ikea pour avoir des discussions. Mercredi dernier, nous avons été manifester pacifiquement chez Ikea à Boucherville et vendredi dernier nous en avons fait de même à Saint-Laurent. »

Symboliquement, les monteurs d’acier ont procédé à la mise en place de plus de 100 croix pour démontrer que Schäfer fait mourir des travailleurs québécois. « Partout, on parle de pénurie de main-d’œuvre et j’ai 100 travailleurs de disponibles. Nous sommes sur un contrat qui a un an de retard sur l’échéancier et j’ai 100 travailleurs de remerciés. C’est inacceptable sachant très bien que ce sont des travailleurs compétents qui ont à cœur de bien réaliser le projet.

 

Un appui de taille

Le maitre d’œuvre du chantier, Broccolini appuie les travailleurs d’acier dans leurs revendications selon Sylvain Boivin. D’ailleurs, lors de la visite de VIVA MÉDIA le jeudi 23 mai, les trois grues de Broccolini n’étaient pas en fonction.

Un appel a été effectué à l’entreprise Schäfer à sa division située en France. Cependant, compte tenu du décalage horaire aucun retour d’appel d’un représentant de la compagnie spécialisée dans le domaine de l’aménagement d’entrepôt automatisé n’a eu lieu au moment de publier.

Steve Sauvé

Steve Sauvé

Journaliste

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