Moins d’un an après les élections municipales, démission d'une conseillère municipale | VIVA MÉDIA Skip to main content

Le 6 août dernier, la conseillère municipale Sylvie Tourangeau, de Saint-Anicet, a dû remettre sa démission. Cette démission est entrée en vigueur le lendemain, soit le 7 août 2018. À l’origine de cette décision figure une plainte de citoyen, formulée à l’endroit de Madame Tourangeau.

Mise en situation

Depuis 2014, la Municipalité s’approvisionne en essence à la station-service affiliée à l’épicerie La Maisonnette, située dans le secteur Cazaville de Saint-Anicet. Il s’agit du seul endroit où faire le plein à Saint-Anicet. Pendant un certain temps, les citoyens ont dû s’approvisionner en essence à Huntingdon, Sainte-Barbe ou même Salaberry-de-Valleyfield. La Maisonnette était donc la bienvenue dans le paysage.

Afin d’assurer des prix compétitifs pour l’ensemble des citoyens, les propriétaires de la Maisonnette ont choisi d’offrir des taux préférentiels pour le remplissage des camions municipaux. Ceci assure un volume de ventes suffisant pour permettre des prix compétitifs.

Il est important de souligner que Madame Tourangeau, qui est copropriétaire de la Maisonnette, n’était pas conseillère municipale au moment où ce taux préférentiel a été accordé à la Municipalité.

Le problème survient quatre ans plus tard, quand un citoyen a porté plainte contre Madame Tourangeau. La Municipalité n’est pas favorisée de façon outrancière depuis que Madame Tourangeau est en poste en tant que conseillère. Mais le fait qu’elle soit conseillère municipale et qu’elle offre un rabais à la Municipalité constitue, selon le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), un conflit d’intérêts.

Des options limitées

Madame Tourangeau avait d’autres options. Elle aurait pu abolir le taux préférentiel consenti à la Municipalité de Saint-Anicet, même si le taux accordé à la Municipalité garantit la viabilité du poste d’essence de la Maisonnette. Elle ne voyait qu’une seule solution : démissionner de son poste. Ce qu’elle a fait à contrecoeur.

Le maire, Monsieur Gino Moretti, a tenu à souligner son appui à sa conseillère. Madame Tourangeau a à coeur le bien-être de sa municipalité et de ses concitoyens. Elle est une femme dévouée pour sa collectivité qui a fait du bon travail à titre de conseillère.

Il déplore le fait que des lois faites pour l’ensemble des municipalités du Québec ne prennent pas en considération la réalité des petites localités. « La loi est comme un parapluie, qui recouvre toutes les villes du Québec, » a-t-il commenté, avant d’ajouter que les petites municipalités se trouvaient souvent en bordure de ce parapluie.

En effet, dans une petite municipalité de 2500 âmes, les probabilités que des citoyens engagés politiquement aient des liens commerciaux avec la Municipalité sont plus élevées que dans une grande ville. Ce qui exclurait d’office une bonne partie des citoyens lors des mises en candidatures aux élections municipales, alors que le défi principal des petites communautés est justement d’intéresser les citoyens à la politique locale.

Madame Tourangeau a choisi de faire son annonce publiquement, lors de l’assemblée ordinaire du conseil municipal. C’était important pour elle d’informer la population quant à ses motifs, de même que de répondre aux questions des citoyens présents. Une élection partielle aura lieu à la fin novembre, afin de combler son siège laissé vacant.

Mona Rochon

Journaliste

Laisser un commentaire