Au Québec, une loi protège les mineurs relativement au phénomène des Sextos. En fait, cette loi vise à les protéger d’eux-mêmes, des autres, mais étonnamment, elle peut également être utilisée contre l’individu qu’elle désire protéger. Cette loi encadre de façon stricte la production, le partage et la réception de tous les fichiers à connotation sexuelle mettant en scène des mineurs, que ces derniers soient consentants ou non.

Saviez-vous qu’au Québec, si des jeunes de moins de 18 ans échangent des photos intimes, cela est considéré comme étant de la pornographie juvénile, et ce, même si toutes les parties impliquées sont des mineurs pleinement consentants? Saviez-vous qu’un jeune qui prend des photos de lui-même et qui les partage de façon consentante à un autre mineur peut être accusé de distribution juvénile? Même si ce sont des photos de son propre corps, même s’il les fait parvenir à son partenaire amoureux, même s’il est entièrement consentant, même si les photos n’impliquent que lui. Vous ne le saviez pas? Alors, saviez-vous qu’un jeune qui demande à son amoureuse ou tout autre mineur de lui envoyer des photos intimes pourrait être accusé de leurre ou d’extorsion, et ce, une fois encore, même s’il est en relation avec la personne qui reçoit la demande? Évidemment, cela est aussi valable pour les garçons que pour les filles.

 

Succinctement, celui qui possède ces photos peut être accusé de possession de pornographie juvénile. Celui qui les montre ou qui les partage à d’autres peut être accusé de distribution de pornographie juvénile. Celui qui a demandé ces images pourrait être accusé de leurre ou d’extorsion. La notion de consentement n’a aucune valeur légale lorsque les parties impliquées ont moins de 18 ans.

 

En 2013, l’organisme Jeunesse, J’écoute a effectué un sondage auprès des jeunes ayant déjà envoyé des sextos. Les résultats démontrent que

49 % des sextos étaient destinés à un copain ou une copine;

43 % avaient été envoyés à une personne qu’ils aimaient bien et avec laquelle ils souhaitaient être en couple;

31 % avaient été transmis à une personne qu’ils connaissaient en ligne seulement;

20 % furent envoyés à des inconnus.

Tu peux toujours appeler un intervenant de Jeunesse, J’écoute au 1 800 668-6868 si tu as des questions ou des préoccupations à propos du sextage.

 

Certes, le sondage a été effectué il y a maintenant 8 ans, mais il permet tout de même de démontrer que le phénomène ne date pas d’hier. De plus, certaines statistiques donnent matière à s’inquiéter ou du moins à sonner l’alerte et à ouvrir la conversation auprès des jeunes.

 

 

 

 

 

 

Mélanie Calvé

Mélanie Calvé

Journaliste

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